Une question en provenance de Belgique:
Je souffre d'une tendinite du coude depuis près de 6 mois.
On m'a déjà conseillé des tas de choses. Entre autres des anti-inflammatoires, voire des injections de Cortisone. Mais je supporte mal ce genre de traitements, dont je ne suis pas du tout partisan.
Il va de soi que j'évite autant que possible de faire avec mon bras le type de mouvements qui ont déclenché mon "tennis elbow". Mais il m'est impossible d'éviter totalement les mouvements douloureux.
Les seules mesure à m'avoir aidé jusqu'ici sont le port d'un petit bandage orthopédique et le massage du coude douloureux avec une pommade anti-inflammatoire.
Le Chiropractor que je vois régulièrement pour mon dos me conseille d'essayer la neuralthérapie(La neuralthérapie consiste en injections d`anesthésiques locaux afin de traiter des maladies et des états douloureux, n.d.l.r.).
Avez-vous eu de bons résultats avec la Neuralthérapie dans des cas semblables? Ou connaissez-vous un autre traitement dans lequel vous auriez davantage confiance?
La réponse du Rédacteur:
Je n'ai pas eu personnellement de résultats avec la Neuralthérapie pour la bonne raison que je n'ai jamais songé à l'utiliser dans ces cas-là.
Ma thérapie de choix était l' auriculothérapie(L'auriculothérapie est une technique très ancienne, reprise par le docteur Paul Nogier en 1950.
Elle part du principe que l'oreille a la forme d'un foetus à l'envers dans le ventre de sa mère, et est considérée comme une technique réflexe. n.d.l.r.) qui assurait - pour autant que la colonne cervicale ait été préalablement "débloquée" par un chiropractor ou un ostéopathe - une anesthésie suffisante du tendon du coude pour que sa mobilisation progressive au moyen de la kinésithérapie puisse se dérouler de manière tolérable.
Je considère comme essentielle cette remobilisation du tendon malade, consécutif au déblocage de la cause profonde qui se situe souvent au niveau des vertèbres cervicales.
Il ne me paraît nullement exclu que l'anesthésie locale par Neuralthérapie permette - d'une manière comparable - à la kinésithérapie d'être pratiquée sans trop de douleur.
J'ai reçu de trois lecteurs la question suivante:
Que faut-il entendre par arthrose? Notre médecin de famille prétend que notre mal au cou, à la tête, au bas du dos, aux mains (chaque lecteur a le sien...) sont dûs à l'arthrose, et qu'il n'y a pas grand chose à y faire, sinon prendre des comprimés anti-douleurs.
En est-il vraiment ainsi?
Certainement pas. Je vais essayer de vous expliquer en quelques mots ce qu'est, selon moi, l'arthrose.
C'est un processus dégénératif. Une dégénérescence lente du CARTILAGE qui assure l'élasticité de nos articulations, ou des DISQUES qui forment des petits coussins fibreux entre nos vertèbres.
Est-ce une maladie de vieux?
Pas du tout: des jeunes peuvent déjà en être atteints. Mais c'est surtout à l'âge adulte que l'on commence le plus souvent à en souffrir.
Quelle en est la cause?
Le déplacement durable (le plus souvent suite à un accident) des extrémités osseuses l'une par rapport à l'autre. Déplacement qui entraîne l'écrasement, puis l'usure progressive du cartilage ou du disque qui maintient normalement ces extrémités à bonne distance l'une de l'autre. La progression de cette usure se voit très bien à la radiographie.
Conséquence: l'arthrose va s'en prendre à chaque "articulation" ainsi subluxée (légèrement "sortie" de sa position habituelle) par le déplacement accidentel de ses surfaces osseuses. Mais il faudra peut-être 10 à 15 ans avant que les premières plaintes n'apparaissent.
Ce seront le plus souvent des douleurs, survenant lors des PREMIERS mouvements demandés à l'"articulation" après une immobilité suffisamment longue. Cette douleur diminue, ou disparaît même complètement après quelques instants (une fois l'"articulation" dérouillée)
Que s'est il donc passé durant la longue période "silencieuse" d'élaboration de l'arthrose? Tout d'abord, nous l'avons vu, l'usure lente et progressive du "coussin" du fait de la malposition permanente des surfaces osseuses. Ensuite la construction d'un échafaudage osseux le long de l'"articulation" atteinte.
Les "becs de perroquet" de la colonne vertébrale en sont un exemple frappant, bien visible à la radiographie. On peut s'imaginer qu'ils ont pour "but" d'arriver à bloquer complètement l'"articulation" de sorte à mettre fin à l'usure du "coussin" et surtout à la douleur causée par le moindre abandon de l'immobilité.
Mais, contrairement aux éclopés des tableaux médiévaux, l'homme moderne n'accepte pas d'être ainsi condamné à une immobilisation progressive. En continuant à mouvoir son articulation arthrosique, il contrecarre le processus de "guérison" naturelle que l'arthrose cherche à lui imposer. Ce qui fait que la douleur ne finit pas par disparaître. Et qu'il se condamne à prendre des comprimés analgésiques tout au long de son arthrose. C'est à dire à perpétuité...
N'existe-t-il donc aucune alternative?
Si, certainement. Tout d'abord par la PREVENTION de l'arthrose par la correction précoce (par la chiropraxie ou l'ostéopathie) du déplacement osseux. Si possible aussitôt après l'accident, aussi bénin qu'il puisse paraître! Afin d'éviter de devoir "réparer les pots cassés" vingt ans plus tard.
Cette réparation tardive est-elle encore possible?
Certainement. Il ne s'agira évidemment pas d'un retour à la situation d'avant l'accident. Mais bien de la disparition des symptômes gênants ou douloureux. C'est un traitement FORT LENT: il peut prendre des mois, voire des années, MAIS IL EST EFFICACE!
La médecine alternative préconise dans ce but depuis plus de 50 ans des préparations homéopathiques dites "d'organes". J'ai prescrit, quant à moi, les complexes anthroposophiques DISCI et CARTILAGO de la firme allemande WALA. Mais je sais que mes confrères holistiques ont également obtenu de bons succès avec les produits de la firme HEEL.
La médecine "officielle" s'y est déjà mise également, à sa façon bien entendu. Je ne puis pas en dire grand chose car, depuis ma pension, je ne me suis plus vraiment tenu au courant des progrès de la médecine académique. Pas plus que je ne me suis mis à la médecine ortho-moléculaire qui affiche aussi de bons résultats dans le traitement de l'arthrose. On peut devenir paresseux à un certain âge!
En tout état de cause, les ampoules injectables de DISCI et CARTILAGO
m'ont permis d'observer un "miracle" chez des dizaines de patients. Trois injections sous-cutanées (indolores) par semaine durant 3 à 24 mois (selon la gravité des lésions constatées à la Radiographie)
ont suffi à leur donner des rémissions (absence totale de symptômes) d'une durée pouvant aller jusqu'à 15, voire 20 ans!
Il s'agissait évidemment des plus "chanceux". Mais TOUS ceux à qui j'ai prescrit ce traitement ont été récompensés par une ABSENCE TOTALE DE SYMPTOMES après deux années de patience au maximum.
Dans mon article sur les Trois Visages de la Maladie, je n'ai au fond parlé que du seul aspect "expérience" de l'aspect subjectif de la maladie. Tu te souviens: l'impuissance, la souffrance du malade. En fait son INCAPACITE à agir, à se sentir "comme avant", à penser de manière lucide. Et j'ai souligné à quel point cette incapacité est incommunicable, non prouvable à autrui.
Mais c'est encore bien davantage le cas du versant positif, actif, de notre expérience subjective de la maladie. Je veux parler de la VOLONTE ACTIVE DE GUERIR qui est presque toujours présente chez le malade.
Celle-ci reste cependant le plus souvent inaccessible à la conscience du malade lui-même. Elle agit en lui à son insu. Comme c'est le cas dans la plupart des processus volontaires, seul son BUT (penser, se sentir et agir "comme avant") est vraiment conscient. Et encore, il faut le solliciter par une question, tellement il paraît évident.
Il "va de soi", pensons-nous, que tout malade veuille guérir. Au niveau du langage, c'est vrai: poser la question , c'est y répondre. Même le plus grand simulateur affirmera sans rougir qu'il ne demande qu'à penser, se sentir et agir "comme avant".
Mais il est clair qu'il donne à ces mots une signification bien différente de celle que leur attribue le médecin contrôleur qui cherche à savoir s'il y met vraiment du sien. Y mettre du sien signifierait vouloir vraiment FAIRE tout ce qu'il faut pour que cesse l'incapacité. Et tout le monde ne le fait pas. Pas seulement les simulateurs conscients et organisés.
Certains malades ont peur de se retrouver COMME AVANT. La maladie est pour eux une solution, bancale et inconfortable certes, mais tout de même préférable à la situation qu'ils connaissaient AVANT que la maladie ne vienne les PROTEGER (de l'angoisse par exemple).
N'oublions pas que GUERIR est la version moderne du mot GUARIR qui, dérivé du germanique WARJAN (le verbe "wehren" signifie toujours en allemand "se défendre", songeons à la Wehrmacht!) garde toujours une connotation défensive: se protéger de la mort, de l'invalidité définitive, d'une souffrance "interminable".
Vouloir guérir, dans le monde francophone, est donc avant tout vouloir se défendre CONTRE une maladie perçue comme une agression à son intégrité, à sa capacité de penser, de sentir et d'agir comme on a été habitué de le faire.
Il n'en est pas de même dans les langues germaniques. Guérir signifie là "rendre ou redevenir SAIN" (l'allemand "Heilung"), COMPLET (l'anglais "heal"), ENTIER ("whole" dérive en anglais du même radical que "heal").
Faut-il s'étonner que la médecine holistique a fait ses premiers pas en territoire germanique (Paracelse, Hahnemann, Kneipp, pour ne citer que les plus anciens et les plus connus)?
Mais, qu'il s'agisse de défendre son INTEGRITE contre un danger externe ou de lutter à l'intérieur de soi pour recouvrer sa SANTE, sa COMPLETUDE, il s'agit toujours de LUTTER pour atteindre un MIEUX.
Et cette lutte largement inconsciente de notre organisme pour parvenir à la guérison connaît des limites.
Il arrive, au terme d'une longue et pénible maladie, que le malade cesse - intérieurement - de vouloir guérir et accepte comme une délivrance l'arrivée de sa mort.
Son "instinct de conservation" vient alors à lui faire défaut et il se laisserait mourir si son entourage ne cherchait pas à le maintenir en vie de gré ou de force (l'acharnement thérapeutique n'est pas l'apanage des seuls médecins...).
Tout se passe comme si quelque sagesse "supérieure" lui faisait "comprendre" que poursuivre la lutte n'aurait pour résultat que de prolonger la souffrance de son agonie. C'est peut-être cette même sagesse qui, dans la jungle, fait que la proie renonce à fuir et à se défendre de son prédateur lorsque la "partie est manifestement perdue", abandon terminal qui lui épargne probablement les affres de se sentir dévorée en pleine conscience!
Tous les professionnels qui ont accompagné jusqu'au bout des malades terminaux ont eu l'occasion de constater "intuitivement" ce revirement. Et, si leur intuition n'a pas été neutralisée par des considérations sentimentales ou des préjugés intellectuels, ils se sont accordé le droit de respecter cette dernière volonté de leur patient d'abandonner la lutte en vue d'une guérison évidemment impossible.
Je parle ici d'INTUITION dans une signification un tant soit peu différente de celle des dictionnaires. La plupart de ceux-ci la définissent en effet comme un processus de pensée, immédiate, non-discursive c'est à dire dépourvue de toute élaboration rationnelle.
Je ne suis pas seul à mettre en doute le bien-fondé d'une telle définition. Il s'agit, selon moi, d'un processus relevant de la volonté inconsciente que je préférerais voir appeler le Vouloir.
L'INTUITION est alors autorisation immédiate, décision qu'aucun raisonnement ne vient justifier d'AGIR de manière JUSTE. Nous savons avec certitude que c'est la BONNE décision qui nous est ainsi "affichée". Nous restons libre d'agir selon cette intuition ou de la négliger. L'avenir apporte souvent la "preuve" qu'elle était correcte. C'est à dire conforme à ce que la destinée "attendait" de nous.
Cette destinée strictement personnelle que l'individu n'apprendra à connaître par la pensée lucide que bien plus tard, quand il réalisera que les choix qu'il a faits durant son existence n'ont pas été le fait d'un hasard aveugle. Pour autant qu'il arrive à ce degré de lucidité rétrospective, bien entendu.
Une telle conception de l'intuition me paraît mieux rendre compte de nombreux faits que la pratique médicale permet de constater. L'intuition thérapeutique qui caractérise le "bon" médecin en est un bel exemple. Nous en parlerons certainement plus tard: c'était un des thèmes privilégiés de mon enseignement. Peut-être parce que je croyais être le premier à en parler de manière intelligible...