Charles Lebaigue, docteur en médecine, diplômé de l'Université Libre de Bruxelles (promotion 1956), et retraité depuis bientôt six ans, au moment où la législation belge des universités d'Etat m'a contraint de passer à l'éméritat après avoir donné durant 30 ans le cours de Psychologie Médicale aux étudiants en Médecine de l'Université d'Anvers.
La psychiatrie hospitalière et la psychanalyse freudienne ont été mes premières spécialités, mais je me suis rapidement intéressé aux traitements alternatifs, qui étaient à cette époque presque entièrement "aux mains" de praticiens non diplômés, de non-médecins en tous cas.
Or, les clients de ces "charlatans" étaient satisfaits de leurs résultats: ils se portaient mieux et s'en vantaient à leur entourage.
Ce qui constituait un réel défi pour la profession médicale.
Je décidai donc d'examiner de plus près certaines de ces thérapies douces, comme on les appelait à l'époque. En les testant d'abord sur ma personne, puis en cherchant à les appliquer correctement sur mes patients. Mon but était de m'en faire une solide opinion, dont je pourrais ensuite faire bénéficier mes étudiants.
Je repris pour ce faire le cabinet anversois florissant d'un confrère généraliste qui quittait la Métropole. Et cela me réussit bien: mon cabinet ne désemplissait pas. Mes patients appréciaient manifestement qu'un médecin "orthodoxe", professeur par surcroît, accepte de pratiquer des méthodes totalement ignorées par la Faculté.
Atténuer "naturellement" les troubles de la Ménopause
Je n'ai jamais utilisé la "pilule" (anticonceptionnelle, n.d.l.r.) et n'ai aucune intention de prendre des hormones, maintenant que j'ai dépassé la cinquantaine.
Mes règles s'espacent et j'attrape des "vapeurs" (bouffées de chaleur, n.d.l.r.) qui me gênent assez fort.
Toutes mes amies reçoivent de leur gynécologue une "autre sorte" de pilule à base d'hormones. N'existe-t-il pas un autre moyen d'éviter les inconvénients de la ménopause?
La réponse -affirmative - du Rédacteur:
Si vous n'avez pas peur d'avoir l'air un peu moins "jeune" que vos amies du même âge, demandez à votre médecin de famille (votre gynécologue pourrait bien le refuser...) qu'il vous prescrive - en guise de test - une série de 12 suppositoires "Neuro-Endokrin" de la marque suisse SEROCYTOL.
Toutes les patientes à qui je les ai prescrits durant des années en ont été très satisfaites: ils étaient même devenus une sorte de best-seller dès le jour où je me suis mis à les prescrire, il y a maintenant 25 ans.
Pour avoir un bon résultat, il suffit d'introduire un suppositoire dans son rectum chaque cinquième soir, juste après s'être mise au lit, quand on est sûre de ne pas devoir se relever avant dix minutes (le temps que le suppositoire se soit résorbé complètement). Ce serait dommage de le "perdre", au prix qu'il coûte!
Vos bouffées de chaleur ne disparaîtront peut-être pas totalement, mais seront moins fréquentes et surtout nettement plus supportables.
Le but (et l'effet!) de ces suppositoires est de réaliser le meilleur équilibre possible de votre système hormonal presque TOUT ENTIER (pas seulement de vos hormones sexuelles).
C'est un traitement de longue haleine: plusieurs années, le temps que votre ménopause se termine naturellement.
Mais aucune des nombreuses utilisatrices de ce produit ne s'en est jamais plainte.
Bien au contraire: j'ai souvent eu de la peine à convaincre des sexagénaires bien accomplies qu'elles pourraient essayer de réduire progressivement la fréquence de leurs "prises"
Par exemple en se mettant un suppo tous les 6 soirs (au lieu de tous les 5). Ensuite tous les 7 soirs. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'elles se rendent compte qu'elles n'en ont plus besoin.
Si votre omnipraticien hésite à prescrire un traitement dont il n'a peut-être jamais entendu parler, et dont il peut mettre en doute le caractère rationnel, donnez lui de ma part (avec mes salutations les plus confraternelles) l'adresse du site internet du laboratoire suisse qui les produit:
http:/www.serolab.ch/en/serocytol.html".
Curieuse demande que voilà. En temps normaux, jamais un patient n'exprimerait le moindre doute concernant la sincérité de son médecin.
Il lui fait confiance, sachant qu'il lui donne d'habitude sincèrement son opinion. Et qu'il ne lui cache rien d'important à propos de son état de santé.
Mais est-ce vraiment toujours le cas?
N'arrive-t-il pas que le médecin, constatant la fâcheuse tournure que prend la maladie, préfère dissimuler sa profonde inquiétude derrière un discours vague mais rassurant.
Ce qui n'échappe pas au patient, bien entendu. A moins qu'il n'ait choisi - inconsciemment - de rester aveugle à la détérioration notoire de son état.
Il peut alors parfois trouver le courage de lui demande brutalement:
"Docteur, dites-moi la vérité!"
Que veut-il dire par là? Probablement ceci: "Cessez, je vous prie, de me dissimuler ce que vous pensez réellement de l'aggravation de mon état!"
Pas si mal deviné! Le médecin se demande en effet comment se déroulera la phase terminale chez ce malade.
Mais que peut-il dire à ce sujet sans le blesser en étant trop direct?
Ou sans mettre sa crédibilité (et la confiance de son patient) en danger?
Peut-il se retrancher derrière les dernières statistiques de survie émises par la Faculté?
Cela ne me paraît pas le meilleur choix.
La médecine académique le renseigne sur la durée de survie - en semaines, mois ou années - d'un patient "modal" présentant le tableau clinique actuel de son patient terminal.
Mais son patient est-il bien le patient modal des statistiques?
Il y a statistiquement 80% de chances qu'il le soit. Mais ne se situerait-il pas dans les 20% restants?
Dont la moitié (10%) mourra plus tôt; parfois bien plus tôt.
Tandis que les derniers 10% (ceux qui se situent à l'autre extrémité de la courbe en cloche de Gauss) survivront plus longtemps à cette maladie. Et certains malades BEAUCOUP plus longtemps... Certains même n'en mourront pas du tout!
On parle de miracle dans ce cas exceptionnel. Alors qu'il s'agit tout compte fait d'un phénomène naturel parfaitement prévisible: l'heureuse exception qui confirme la règle.
Mais peut on qualifier d'exceptionnel un phénomène que l'on obseve une fois sur cent?
- Pourquoi mon patient ne serait pas ce veinard? Oui, ce patient-ci, qui me presse de lui dire la vérité.
Je n'ai aucune certitude concernant la manière dont la maladie va continuer d'évoluer chez lui. Je peux deviner, bien sûr. Mon intuition peut me chuchoter un pronostic à l'oreille. Mais ai-je le droit de lui présenter ces supputations comme la vérité?
Il faut pourtant que je lui réponde quelque chose!
Me rabattre tout de même, à l'Américaine, sur les statistiques officielles que je viens de citer?
Mais mon patient n'a vraiment que faire de la durée de survie probable de Monsieur Modal.
C'est SON avenir immédiat à LUI qui l'intéresse. Et rien d'autre."
Au cours de ma carrière d'omnipraticien, j'ai souvent cherché à exprimer ouvertement à mon patient que la maladie avait maintenant atteint chez lui un stade vraiment dangereux. Et qu'une issue fatale n'était pas tout-à-fait à exclure.
A moins d'une guérison miracluleuse - nullement exceptionnelle - comme celle dont j'avais pu être témoin. Miracle dû essentiellement à la VOLONTE du patient de LUTTER pour sa vie. Pourquoi ne serait-il pas le prochain miracle de ma carrière?
Ne pourrais-je pas l'aider à atteindre cet objectif ambitieux?
Ceci me rappelle un fonctionnaire de soixante ans, chez lequel on venait de diagnostiquer - et d'extirper chirurgicalement - un cancer rapidement évolutif du gros intestin.
Ce monsieur me demanda sans détours combien de temps la Faculté lui donnait encore à vivre. Je lui répondis - aussi directement - ce que les statistiques pronostiquaient à cette époque déjà lointaine: "Environ six mois." Et je l'invitai à se battre avec toute son énergie contre cette forme redoutable de cancer.
Et il se battit un an et demi avec succès, soutenu par une thérapie alternative assez chère, mais très efficace.
Un mois à peine avant que sa santé ne se mette à décliner brutalement, il avait encore passé des vacances très réussies à la montagne. Il y avait même fait un peu d'alpinisme!
Terriblement amaigri en peu de temps, il se rendait compte que ses forces allaient bientôt l'abandonner complètement. Et quand il me demanda à nouveau combien de temps lui restait à vivre, je lui répondis sans ambages: "Quelques jours à peine, s'il cessait de s'alimenter".
Il choisit d'"aider la nature" en mangeant et buvant le moins possible, me demandant toutefois d'alléger ses souffrances par des opiacés, si elles devenaient intolérables, ce qui n'a pas été le cas. Il mourut une semaine plus tard, quelques jours à peine après avoir réuni toute sa famille autour de son lit de mort, au cours d'une petite cérémonie religieuse d'adieu qu'il avait organisée avec l'aide du curé de la paroisse.
Voilà une manière de clôturer sa vie que beaucoup souhaiteraient connaître. N'oublions cependant pas que nous sommes loin d'être capables d'un tel stoïcisme jusqu'à l'échéance fatale.
Peu de patients ont la force de contempler sereinement la "vérité" statistico-scientifique concernant leur propre mort prochaine.
Les moins courageux attendront de leur médecin une version moins dure de la Vérité.
Et ils y ont droit. C'est en effet, selon moi, le devoir de tout médecin qui accompagne jusqu'au bout son malade terminal, d'évaluer correctement "quelle" vérité ce dernier est capable de supporter et d'intégrer.
Chaque patient est une personne unique qui mérite de recevoir une réponse "personnalisée" à son exigence solennelle de connaître la Vérité à propos de son décès prévisible. Et l'"inspiration" d'une telle réponse demande du médecin accompagnant une connaissance suffisante des besoins psychologiques - et spirituels - de son patient terminal.
Je vous donne donc ici, chère lectrice, cher lecteur, un bon conseil. N'attendez pas la dernière minute pour choisir le médecin à qui vous oserez demander, en pleine confiance qu'il ne vous mentira pas et qu'il ne vous blessera pas non plus: "Docteur, dites-moi la vérité!"
Quelle vérité souhaite entendre un patient de la part de son médecin?
Tout simplement: une description crédible de ce qui l'attend. Et surtout une explication - qu'il puisse accepter - de l'inquiétante aggravation de son état. Une explication avec laquelle il puisse vivre, qu'elle puisse en définitive "avaler", aussi amère soit elle.
Mais il attend une vérité en laquelle son médecin croit aussi, sincèrement. Une vérité en laquelle ils puissent croire tous deux afin de se mettre ensemble à l'ouvrage qui reste à accomplir.
Cela signifierait-il que la vérité médicale ne serait rien d'autre qu'une fable convenue à laquelle les deux parties ont choisi de croire?
Dans la mesure où ils se font AUJOURD'HUI mutuellement confiance? Mais qui DEMAIN aura peut-être fait place à une AUTRE vérité partagée, elle aussi.
La vérité, qui pour moi est toujours partagée - est comme un être vivant: elle naît, s'installe, "se maintient" un certain temps pour finir par mourir, par disparaître...
Il en va de même de tous les sentiments que nous éprouvons vis-à-vis d'autrui. Leur existence est également limitée par la durée de notre relation - pas nécessairement concrète, d'ailleurs - avec cette "personne".
Suis-je en train d'affirmer qu'il n'existe aucune autre vérité humaine que celle-là?
Mais oui, telle est ma conviction. La vérité est selon moi une réalité sociale, interpersonnelle. Un secret entre "vous" et "moi". Un secret dans lequel nous croyons tous deux. Ici et maintenant.
Et ce "vous" ne doit pas être nécessairement une personne en chair et en os. Il peut s'agir de Dieu, de la Nature, de la Raison, de la Providence, de la Bible ou du Coran. Pourvu que je confirme, à mon "usage" personnel l'existence de ce "vous" en lui parlant, en lui faisant confiance, en "croyant" en lui.
La Vérité est en somme un article de foi, de confiance. Donc une réalité qui ne peut jamais être prouvée objectivement.
Mais une réalité capitale, immensément précieuse quoique fragile: elle peut avoir disparu aussi vite que la confiance sur laquelle elle se basait.
L'Histoire des Sciences est d'ailleurs un cimetière de vérités
périmées. Ces respectables "articles de foi" d'antan ont été dégradés au rang de "naïves conceptions d'une Humanité encore bien primitive".
Comme celle de Ptolémée. Vous vous souvenez? Le "pauvre" croyait encore que la Terre était le centre de l'univers!
Certains "esprits forts" de notre époque vont jusqu'à considérer l'ensemble des révélations religieuses comme de simples contes moralisateurs pour enfants en bas âge...
Songez, dans un autre ordre d'idées, combien il peut nous être difficile d'évoquer de manière vivante le sentiment d'amour que nous avons pu éprouver jadis pour une personne que nous méprisons aujourd'hui.
En avons-nous été moins amoureux pour autant? Non. Notre amour était véritable, il était alors pour nous une réalité de première grandeur. A cette époque là...
Je voudrais donc proposer une nouvelle définition du concept de vérité : "Ce que les partenaires d'une relation choisissent de croire aussi longtemps que durera leur confiance mutuelle". Ils seront SEULS à y croire (dur comme fer, même!), comme ils seront seuls à pouvoir en témoigner.
La vérité n'a donc, selon moi, rien à voir avec une quelconque réalité universelle ou éternelle. Ni avec l'objectivité. Ni avec les "faits", devant lesquels même un Lord Maire doit s'incliner, selon le proverbe... Ces FAITS objectifs, seuls à être jugés dignes d'intérêt par la Science moderne. Ces faits qu'elle veut pouvoir contrôler, vérifier, mesurer, traduire en formules mathématiques, analyser et répéter à souhait.
Il n'est nullement nécessaire de croire pour arriver à la certitude concernant un fait. Il suffit d'en vérifier l'existence.
Les faits ne peuvent être "vrais" ni "faux". Ils SONT, tout simplement, en dehors de notre personne et de ses aspirations, attendant simplement que la Science vienne les sortir de leur oubli en leur donnant un nom, une signification, sinon une explication.
Dénomination, signification qui ne coïncide nullement avec le "fait" qu'elle désigne. Elle ne reflète que l'opinion de la Science de l'époque au sujet du "fait" en question. Par exemple "La Terre est plate" ou "elle est entourée de sphères concentriques" ...
Plusieurs théories et axiomes scientifiques ont actuellement pris, dans la croyance populaire, la place qu'occupaient jadis les dogmes de l'Eglise. Il s'agit même d'affirmer sa "foi" dans les paradigmes (croyance de base, non démontrable, concernant ce qui est considéré comme réel) de la Science matérialiste actuelle, si l'on veut espérer faire carrière dans le monde académique. Ou se voir publier par une revue scientifique "sérieuse".
Ce ne sont plus les Eglises, mais l'intelligentsia académique qui nous "martèle" depuis notre plus jeune âge les vérités que nous "faisons bien" d'admettre sans discussion si nous voulons éviter d'entrer en conflit avec l'Autorité spirituelle de notre époque.
Les paradigmes de la Science moderne nous sont présentés comme EVIDENTS, comme VRAIS. Et ils le sont en effet, POUR CEUX QUI Y CROIENT.
Et ils le resteront tant que de nouvelles découvertes ne les auront pas balayés, et remplacés par une nouvelle "croyance officielle", condamnée elle aussi, bien entendu à être détrônée tôt ou tard.
Vous vous demandez peut-être pourquoi j'insiste aussi lourdement sur le caractère TEMPORAIRE des dogmes et axiomes de la Science?
Tout simplement parce que la conception holistique de la réalité (donc aussi de la médecine) se base sur un paradigme bien plus large que celui de la majorité des scientifiques contemporains.
Mais cela suffit amplement pour aujourd'hui, si vous avez eu la patience de me lire jusqu'ici...
Je vous reparlerai certainement de ce sujet qui me passionne.
Une petite fille de 5 1/2 ans fait pipi dans sa culotte le jour et la nuit.
Il ne s'agit pas d'un problème mécanique puisque parfois, il lui arrive d'être propre ou de mouiller un fois sa culotte le jour ou la nuit pendant un jour, parfois 2, ses parents ne comprennent pas pourquoi.
Chez sa grand-mère maternelle, elle est propre, mais la grand-mère, personne autoritaire, lui demande régulièrement si elle doit aller à la toilette.
Pourquoi et que faire?"
La réponse du Rédacteur:
Je crois qu'il y aurait intérêt pour les parents à "modéliser" le comportement de la grand'mère envers la petite. Sans se laisser impressionner par la connotation négative de l'étiquette "autoritaire".
L'autorité est une bonne chose quand on n'en abuse pas. Même si on en a gardé un mauvais souvenir. Lorsqu'ils sont devenus parents eux-mêmes, les enfants ont souvent tendance à adopter une méthode d'éducation opposée à celle de leurs parents.
Et ce n'est pas parce qu'ils ont l'impression "qu'elle exagère", que la grand'mère exagère vraiment dans son attente, somme toute justifiée, que la petite devienne enfin "propre". Finalement, c'est aussi ce que souhaite la gamine, même si inconsciemment, elle fait
peut-être en sorte de rester le petit bébé de ses parents. Comme eux aussi, tout aussi inconsciemment d'ailleurs,
craignent peut-être qu'elle ne grandisse trop vite...
Bref: il s'agit de bien observer et de comprendre pourquoi, quand et surtout COMMENT la petite parvient à rester propre.
Et de reproduire ces conditions favorables jusqu'à ce que la propreté soit devenue une habitude pour elle.
Si les parents n'y arrivent pas, il ya toujours les psy. Et, pourquoi pas commencer par les kinésiologues. Il y en a probablement d'excellents dans votre région.
Vous vous souvenez peut-être que j'ai attribué, dans un précédent article, ma curiosité pour la médecine holistique - au début des années septante - à l'engouement manifesté par certains de mes patients pour les thérapies non-conventionnelles.
Une partie non négligeable de l'"intelligentsia" anversoise s'était mise à manger "bio" et à dévorer des livres qui vantaient la qualité des produits agricoles obtenus au moyen des "anciennes" méthodes de culture (pas de pesticides ni d'engrais de synthèse) et chantaient les louanges des herbes médicinales qu'utilisaient encore nos arrière-grand-mères. Et ces intellectuels se mettaient à la phytothérapie, les premiers surpris qu'elle agisse si bien.
Le monde académique auquel j'appartenais "réagissait" par un silence condescendant à l'émergence du paradigme holistique naissant. Je dois avouer que j'étais moi-même un de ces "esprits forts" qui souriaient de la crédulité de nos concitoyens devant de telles "balivernes". On peut donc s'étonner que j'aie pu renier ma foi bien ancrée dans le mode de pensée du monde scientifique (basé sur l'évidence matérielle chiffrée) pour me "laisser aller" à pratiquer un "charlatanisme" unanimement décrié par mes pairs.
Qu'est ce qui m'a donné le cran de me lancer dans cet abîme intellectuel qui effraie encore - 30 ans après - tant de mes estimés collègues? Comment ai-je osé renoncer au roc solide du matérialisme scientifique?
Je crois que tout a commencé avec la fin - au bout de sept longues années - de ma psychanalyse personnelle. Elle m'avait démontré l'énorme force de l'irrationalité dans le comportement humain (à commencer par le mien!)
C'est alors que j'ai découvert l'Anthroposophie: fondement philosophique de l'école Steiner dont mes enfants étaient les élèves si enthousiastes. Et mon horizon intellectuel s'est bientôt élargi aux aspects extra-sensoriels de la réalité.
Fasciné par les superbes - et bien tangibles - résultats de ce système pédagogique, je décidai de "tester" d'autres domaines qui se réclamaient de Rudolf Steiner. Et ce dans des disciplines que j'avais étudiées à l'Université: la biologie, la psychologie et la médecine.
Ce furent les premiers ouvrages du professeur et anthroposophe autrichien O. J. Hartmann, et en particulier sa "Menschenkunde" (Otto Julius Hartmann: Menschenkunde. Die Physiognomik der Lebenserscheinungen als Grundlage einer erweiterten Medizin. Frankfurt am Main: Klostermann 1941, 3. ed. 1979.) et sa "Dynamische Morphologie" qui me convainquirent intellectuellement de la pertinence de la conception steinérienne des sciences naturelles. Ces ouvrages n'étant pas encore traduits à l'époque, ce sont eux qui étoffèrent mon premier vocabulaire scientifique allemand !
La constante qualité et surtout le goût délicieux des produits de l'agriculture bio-dynamique (son lait, son pain, ses légumes en particulier) ont bien sûr également contribué à surmonter mon scepticisme initial.
Mais la médecine anthroposophique parviendrait-elle à me convaincre de son efficacité sur le terrain? Mon esprit "scientifique" n'était pas du tout préparé à admettre que des dilutions homéopathiques puissent modifier quoique ce soit à la structure matérielle du corps humain, comme l'affirmait de manière si convaincante le professeur Hartmann!
Comme Saint Thomas, je voulais des preuves : la fameuse Evidence dont se délectent les Américains et sur laquelle doit se baser toute médecine, si elle veut être crédible.
La première preuve m'en serait fournie lors du premier séminaire anthroposophique auquel je me sois inscrit de toute ma vie.
Il se déroulait à Hepsisau en Allemagne et devait durer trois jours.
Juste après mon arrivée, avant d'avoir pu assister à la moindre conférence, me voilà cloué au lit par une fièvre de cheval. C'était la grippe, et le médecin anthroposophique de l'Institut où se déroulait le séminaire, après m'avoir interdit de me lever, m'ordonna de prendre toutes les demi-heures (ou en tous cas chaque fois que je me réveillerais du fait de ma torpeur fébrile) une dizaine de gouttes d'une préparation de médecine anthroposophique à base de produits homéopathiquement dilués et dynamisés.
L'INFLUDO de la firme Weleda avait ainsi remplacé au pied levé les aspirines que je n'aurais pas manqué de prendre si je n'avais pas été aussi dépendant, du fait de ma faiblesse physique, de l'autorité du praticien local. L'effet en a été immédiat: je me suis mis aussitôt à suer comme un boeuf et à dormir presque nuit et jour, cependant que ma fièvre tombait graduellement.
De sorte que j'ai pu assister - en flageolant - à la séance de clôture du séminaire avant d'être "rapatrié" sur le siège arrière de la voiture d'un confrère belge qui m'évita ainsi la fatigue inutile d'un retour en train.
Cette expérience-choc m'a convaincu pour le restant de mes jours que des doses homéopathiques étaient non seulement efficaces, mais "accompagnaient" de manière douce - au lieu de la supprimer brutalement - la fièvre de cheval qui devait rapidement venir à bout de mes virus grippaux.
Mais je devais encore recevoir une deuxième leçon avant d'être définitivement convaincu qu'une thérapeutique alternative peut à l'occasion surpasser un traitement conventionnel.
Je m'étais coupé à la main gauche, quelques semaines plus tard. Ce n'était certes pas une blessure grave, mais elle me faisait mal après que j'aie arrêté la petite hémorragie et nettoyé ma plaie à l'eau du robinet.
Fort des instructions de mon aimable "mentor" hollandais en médecine anthroposophique, je m'abstins de désinfecter la plaie, ce que j'avais toujours considéré comme indispensable jusque là. Et je me contentai d'appliquer directement sur la coupure un petit peu d'onguent vulnéraire anthroposophique, qui soulagea immédiatement ma douleur.
Une légère douleur refit son apparition quelques heures plus tard, quand je voulus me laver les mains, mais la plaie, à ma grande stupéfaction, présentait déjà les signes évidents d'un début de guérison. Chaque fois que j'avais à me laver les mains, j'appliquais à nouveau un peu de cet onguent. Et constatais la fulgurante guérison de ma plaie, sans la moindre croûte, ni cicatrice.
Cela vous paraîtra peut-être ridicule, cher lecteur, mais cette prestation inattendue d'un onguent à base des mêmes herbes médicinales qu'utilisaient nos ancêtres du Moyen-Age, a été pour moi l'Evidence décisive dont j'avais besoin pour être définitivement "converti" à la supériorité d'une conception holistique de la médecine .
Mon ami vient d'apprendre de son pharmacien, qui lui avait déconseillé une pâte dentifrice au "goût" de menthe, que l'usage de celle-ci est contre-indiqué lors d'une cure homéopathique.
Il avait jusqu'à ce jour là toujours brossé ses dents avec un dentifrice parfumé à la menthe. Il se demande maintenant combien de temps il faudra avant que la dernière trace de menthe ait disparu de son organisme. Que dois-je lui répondre?
La réponse du Rédacteur:
J'ai bien peur qu'il faudra sept années avant que la DERNIERE TRACE de menthe ait disparu du corps de votre ami.
L'expérience homéopathique de ceux qui ont osé "violer" cette règle du brave Hahnemann a cependant démontré que ni la Menthe, ni le Café, ni même l'alcool à dose raisonnable ne perturbent l'action des médicaments homéopathiques. A l'exception notoire de quelques uns d'entre eux, comme Nux Vomica et Lycopodium.
Et même chez ces derniers remèdes sensibles à la Caféine, je n'ai personnellement jamais constaté une diminution d'efficacité ni des effets secondaires indésirables (maux de tête, par exemple) lorsque ces médicaments étaient pris à quelque 6 heures de distance de boissons de type Caféine.
Votre ami peut donc commencer sa cure homéopathique en toute sécurité. Elle agira aussi bien chez lui que chez toute autre personne dépourvue de
préjugé négatif à propos de la combinaison menthe-homéopathie.
J'ai depuis des années des problèmes intestinaux. Les examens pratiqués par un spécialiste en médecine interne ont mis en lumière un "côlon irritable",.
J'imagine qu'il ne s'agit pas là d'une "vraie" maladie mais d'une appellation passe-partout, désignant des problèmes intestinaux peu évidents. J'ai appris à les réduire au minimum en faisant fort attention à ce que je mange. Mais le problème reste entier.
Pourriez-vous m'indiquer ce qui pourrait vraiment améliorer cette situation?
La réponse du Rédacteur:
Le côlon irritable est une véritable "bouteille à encre"! Chaque patient semble avoir ses raisons bien particulières d'en souffrir.
C'est pourquoi je pense qu'un Simillimum homéopathique
patiemment mis au point par un homéopathe Uniciste, aura le plus de chances de vous aider durablement.
La recherche d'un tel remède peut prendre des mois, voire des années. Mais votre patience peut se voir récompensée par une guérison définitive. Parfois après la prise d'un seul Simillimum.
Mais si, comme la plupart des patients, vous n'avez pas énormément de patience, je vous conseillerais la prise régulière, durant au moins six mois, avant chaque repas, d'une pointe de couteau de Carbo Coffeae (grains de café carbonisés et moulus en poudre). Il s'agit d'un remède anthroposophique polyvalent, destiné à calmer l'irritabilité de vos intestins.
Une seule consultation médicale après trois mois devrait suffire à préciser la meilleure "dilution" homéopathique du produit. Mais même avec ce traitement-ci, il vous faudra un minimum de patience!
J'ai décrit, dans un
précédent article comment j'en suis arrivé à me convaincre que les dilutions homéopathiques peuvent réellement avoir un effet thérapeutique.
Ma vision théorique déjà élargie de la Réalité se trouvait maintenant étayée par mon expérience personnelle, directe, évidente, d'un "fait", subjectif certes, mais capable de renverser mes préjugés scientifiques les plus solidement enracinés.
Mais le récit de ma "conversion" à la médecine holistique aurait-il suffi à faire prendre conscience à mes collègues universitaires de l'étroitesse de leur vision théorique à propos de la Réalité (vision qui avait été mienne jusqu'alors, notez le bien...)
Certes non! Vous savez à quel point les scientifiques se méfient de tout ce qui a un "relent" de subjectivité. Et ils ont en plus le préjugé bien ancré selon lequel des dilutions homéopathiques, ou des remèdes "de bonne femme" NE PEUVENT avoir aucune action réelle. Pire même: elles n'ont pas le droit d'en avoir! Parce que si elles l'avaient ce "droit", il faudrait remettre en question le paradigme matérialiste-rationaliste admis sans discussion par la quasi entièreté du monde scientifique.
Pourquoi? Parce que ce paradigme dominant est tout à fait incapable de tenir compte de "faits" qui sortent du cadre étroit de l'objectivité. De faits qui échappent à toute mesure, à tout chiffrage, à tout contrôle à grande échelle, à toute reproduction.
Fort peu de scientifiques ont la témérité de s'élancer dans l'abîme de la réalité subjective individuelle. Ils ont la crainte - injustifiée - que ce saut dans l'inconnu les ramène dans un espèce d'obscur Moyen-Age pré-scientifique. Ils refusent donc toute réalité à l'évidence subjective qu'ils qualifient avec condescendance de "pure fantaisie".
Il ne fait aucun doute que mes collègues attribueraient ma "conversion" à une sérieuse diminution de mes capacités intellectuelles, et souriraient de mon récit de la superbe guérison de mes écorchures, y voyant un exemple typique de l'effet Placebo. Vous connaissez ce mot latin qui signifie "Je (vous) plairai".
Et ils n'auraient pas tort! Au sujet du seul l'effet Placebo, bien entendu! Il est vrai que ces remèdes inusités "me plaisaient", dans la mesure où je faisais totalement confiance au confrère holistique qui me les prescrivait en me promettant une prompte guérison.
Mais j'étais habité également par un PREJUGE POSITIF: mon esprit était convaincu par avance de l'efficacité POSSIBLE de médicaments alternatifs. Ce qui n'est certainement pas le cas de la majorité de mes éminents collègues. Il y avait chez moi donc bien plus qu'une confiance "aveugle" (PLACEBO) que les médicaments prescrits conduiraient à ma prompte guérison.
Aveugle, je ne l'étais d'aucune façon. J'aspirais consciemment, bien au contraire, à une confirmation de ma toute nouvelle "foi" en l'efficacité possible (pensable) des médications alternatives.
Les esprits critiques, comme mes collègues à l'Université - et j'en suis un moi aussi - EXIGENT une explication SATISFAISANTE pour l'esprit de la manière dont quelque chose se passe. Une explication qui rime avec leurs convictions théoriques sur ce qui PEUT agir et ce qui ne le PEUT pas.
Nous savons qu'environ un patient sur trois (moins critique que nous, il est vrai) SE SENT déjà mieux après la prise - en toute confiance - d'un
Placebo (un produit qui a l'air d'être un médicament, mais qui ne contient aucune substance active).
Il ne se pose aucune question sur les propriétés du soi-disant médicament que son médecin lui a prescrit. Il n'éprouve nul besoin de COMPRENDRE comment ce "médicament" peut bien agir. Il lui PLAÎT, un point c'est tout.
Un Placebo est donc quelque chose de très différent du PERSUADEBO (en latin: "je (vous) persuaderai"), que des patients de plus en plus nombreux se mettent à exiger de leur médecin comme CONDITION de leur collaboration loyale au traitement prescrit (que les Anglo-Saxons désignent sous le nom de "compliance").
Mais il peut arriver également qu'un patient découvre, en cours de route, que son soi-disant médicament est en réalité un PLACEBO, un faux médicament. L'effet Placebo pour autant qu'il était présent, disparaît alors abruptement: il est neutralisé sur le champ, anéanti par un puissant Persuadebo négatif (en l'occurence: "Sois persuadé qu'une telle chimère ne PEUT certainement PAS t'aider à guérir).
J'en ai fait la douloureuse expérience avec un de mes patients. C'était en fait un ami plus qu'un patient.
Tendu et déprimé ces derniers mois, il doute de l'efficacité des médicaments allopathiques que son médecin de famille lui a prescrits.
Je lui conseille alors de prendre - en plus de son traitement allopathique - quelques gouttes d'un flacon à base de remèdes floraux du Dr Bach, soigneusement choisis en fonction de son état psychique. Je crois me souvenir qu'il s'agissait de PINE, GORSE et de MUSTARD. Il se sent très rapidement mieux et diminue de son propre chef la quantité, somme toute élevée, de ses médicaments allopathiques. Tout va ainsi nettement mieux pendant un mois ou deux.
Jusqu'au jour néfaste où ce intellectuel brillant mais rebelle à toute "mystique" me demande tout à coup de bien lui expliquer comment ces gouttes miraculeuses peuvent bien agir. Et, moi, imbécile,
je lui explique en long et en large que les remèdes de Bach ont une action essentiellement spirituelle, que presque aucune substantialité matérielle n'y intervient.
Le résultat immédiat de cette "explication" est que mes gouttes cessent d'agir sur le champ
, comme il me l'apprendra lors de son rendez-vous suivant (et dernier...). Car j'apprends quelques semaines plus tard qu'il est décédé des suites d'un suicide "réussi".
Il est évident que je n'aurais JAMAIS dû lui raconter une TELLE vérité
Une vérité que ses opinions philosophiques les plus profondes l'obligeaient à récuser catégoriquement. Une vérité qui était mienne, mais qu'il ne pouvait en aucun cas partager.
Mon intimité avec lui m'avait fait oublier pour un moment mon devoir absolu de construire AVEC LUI une vérité commune.
La seule conséquence positive de cette tragique erreur est qu'elle m'a crûment révélé l'existence et l'importance du Persuadebo NEGATIF, capable d'annihiler non seulement le Placebo le plus puissant, mais même l'efficacité que l'on peut attendre de la plupart des médicaments.
Et, a contrario, l'importance insoupçonnée jusque là, du Persuadebo POSITIF sur la "compliance" du patient, c'est-à-dire sur sa loyauté dans la prise de ses médicaments et en conséquence sur le résultat thérapeutique que l'on peut en attendre.
La plupart des médecins "alternatifs" que je connais prescrivent actuellement très rarement des antibiotiques. Il en a toujours été ainsi, que je sache.
Mais les médecins "ordinaires" mettent également leurs patients en garde contre un usage abusif des antibiotiques. Afin de prévenir, disent-ils, l'apparition - par mutation - de souches microbiennes qui leur deviennent résistantes.
S'agirait-il d'un changement radical d'orientation de la part du monde académique médical, changement qui le rapprocherait des conceptions de la médecine alternative?
La réponse du Rédacteur:
Votre question me paraît bien utile. Elle va me permettre de préciser une des différences les plus fondamentales entre la manière dont le monde académique conçoit les maladies infectieuses et celle des praticiens de la plupart des médecines holistiques.
La médecine "orthodoxe" cherche dans une bactérie ou un virus l'agent pathogène specifique d'une affection inflammatoire. L'origine de cet "agresseur" se situant en quelque sorte en dehors du patient. Selon cette conception cet agresseur s'attaquerait à une personne présumée saine jusque là. Et cette conception semble confirmée par le fait bien établi que l'anéantissement, par un antibiotique bien choisi, de ces prétendus agresseurs, conduit assez rapidement à la guérison (fût-elle temporaire) du malade.
Les pratiquants d'une médecine holistique peuvent difficilement partager cette conception assez paranoïde d'une cause externe des maladies infectieuses. L'expérience de toutes les époques a tout de même prouvé à suffisance que les bactéries et les virus font exceptionnellement du tort à des personnes réellement bien portantes.
Les microbes ne s'attaquent en fait qu'aux tissus blessés, malades, affaiblis, comme on n'en rencotre que chez des personnes déjà malades ou chez des blessés mal ou insuffisamment soignés. On peut comparer ces germes à des animaux de proie en liberté: quelle proie choisiront-ils de préférence? la bête malade, blessée ou simplement la plus faible ou la plus fatiguée du troupeau. Ici s'applique l'adage anglais: "the survival of the fittest", la survie du plus "costaud".
Une médecine holistique ne cherchera aucunement à éliminer tous les "lions" de la jungle, mais les laissera accomplir leur bien utile tâche: le "nettoyage" des éléments les moins performants du "troupeau", afin de permettre à la globalité de celui-ci de retrouver ce qu'on pourrait appeler son "immunité" aux prédateurs.
Ce serait une erreur de croire que tout micro-organisme doit être détruit dès qu'il se manifeste à un endroit du corps où il ne devrait pas se trouver. Mais il faut bien sûr veiller à ce qu'il ne dépasse pas le cadre de sa "mission", qui doit se limiter à l'élimination des tissus endommagés (de toute façon "condamnés à mort").
Il s'agit simplement de l'empêcher, lui et ses nombreux congénères, d'aller trop loin, de poursuivre cette tâche au delà de ce qui est nécessaire. De le drainer, c'est à dire de l'encourager à quitter l'organisme aussitôt sa tâche accomplie. Comment cela? En administrant aux tissus endommagés, dès que possible, des médicaments spécifiques ou en prenant toute autre mesure nécessaire à stimuler ou à rétablir leur résistance naturelle (le nettoyage des plaies en est un bon exemple).
Les antibiotiques ne devraient être prescrits que lorsque l'infection est tellement avancée que le renforcement du tissu ou de l'organe affaibli n'est plus possible. En d'autres termes, quand il est trop tard pour traiter la véritable cause de l'inflammation. Ou, bien évidemment, lorsque la vie du patient est en danger.
Il serait criminel de ne pas lui administrer des antibiotiques lorsque ceux-ci représentent sa seule et dernière chance d'en sortir vivant. Les antibiotiques auraient dû se tenir à leur vocation première de sauveteurs des grands blessés et des malades chez qui le traitement de la cause s'est révélé insuffisant.
Je partage la résolution - tout à fait rationelle - de la médecine académique à recourir aux antibiotiques dans les situations vraiment critiques. Mais je ne puis accepter la confusion qu'elle continue de faire (depuis le grand Pasteur?) entre la véritable cause d'une maladie infectieuse (la trop grande faiblesse d'un tissu ou d'un organe) et la conséquence de cette faiblesse: le pullulement à cet endroit de microbes chargés d'en faire le nettoyage.
Les antibiotiques sont prescrits trop souvent aujourd'hui et fort à la légère. Des microorganismes de plus en plus nombreux y deviennent insensibles.
La médecine académique en a maintenant pris conscience. Elle met le public et les médecins en garde contre la grave menace d'une perte d'efficacité des antibiotiques les plus indispensables. J'espère qu'elle ne prendra plus trop de temps à "découvrir" que la véritable cause des maladies infectieuses ne se trouve pas dans les germes prétendument pathogènes, mais dans le malade lui-même.
Les médias exhortent ces derniers temps les séniors à consommer davantage de produits laitiers afin de prévenir les fractures dues à l'ostéoporose (n.d.l.r.: décalcification des os).
J'ai dépassé la soixantaine, et ma ménopause est à peu près terminée. Je devrais donc me mettre à consommer le lait et le yaourt que j'ai toujours détestés. Ou alors prendre des comprimés de Calcium.
Que puis-je faire pour y échapper?
La réponse du Rédacteur:
Je partage votre réticence quant aux suppléments de Calcium destinés aux séniors.
Il a été suffisamment prouvé que les bébés et les enfants en bas âge ont besoin de chaux et de soleil (ou, à son défaut, de la quantité adéquate de vitamine D) pour développer un squelette solide et bien formé.
Mais il a été également prouvé que de trop hautes doses de vitamine D peuvent transformer rapidement un petit enfant en un vieillard miniature . La calcification ne se limite donc pas au squelette mais s'en prend également aux artérioles du corps tout entier (et en particulier à celles qui irriguent le coeur et le cerveau). Et elle y développe une véritable artériosclérose précoce...
De tels drames vous feront comprendre mon manque d'enthousiasme pour la calcification des séniors dans le but de contrer l'ostéoporose chez eux! Mais que faire à la place pour prévenir ces stupides fractures, comme celle du col du fémur qui peut nous contraindre si longtemps à une sédentarité forcée? J'ai, dans une réponse précédente parlé d'une alternative au traitement hormonal des inconvénients de la ménopause.
Il n'existe pas encore d'évidence clinique que l'harmonisation globale du système hormonal (et pas seulement celle des hormones sexuelles) puisse protéger chaque femme postménopausique de l'ostéoporose. Bien que la chose ne soit pas exclue.
Que faire donc pour se prémunir des fractures dites spontanées du troisième âge ?
BOUGER ! Mettre CHAQUE muscle et chaque articulation de votre corps EN MOUVEMENT.
Calmement, sans forcer! Mais PROMENEZ-VOUS! Au moins une demi heure par jour. De préférence sur le sol inégal d'un sentier champêtre.
Et suivez chaque semaine une leçon de Taï Chi ou de gymnastique douce. Ou alors faites le ménage: l'entièreté du ménage.
C'est ce que je fais moi-même: une promenade quasi quotidienne dans les bois et une leçon hebdomadaire de Tai Chi. Le ménage n'étant pas vraiment ma tasse de thé, je dois avouer qu'il ne me protégerait à lui tout seul de l'ostéoporose des soi-disant "vieillards"...
Il est important de faire une nette distinction entre "notre expérience personnelle d'ETRE MALADE" et la DENOMINATION que la médecine sdcientifique contemporaine ATTRIBUE à "LA MALADIE" dont elle nous juge atteint. Ces deux expressions décrivent en fait deux aspects bien distincts de la même réalité globale.
ETRE malade est une expérience strictement INDIVIDUELLE. Personne d'autre que nous ne peut en effet éprouver ce qui se passe dans l'intimité de notre corps. Ni de connaître le secret de notre douleur, de notre incapacité, de notre faiblesse.
Le monde extérieur ne peut que VOIR comment la maladie a modifié notre aspect ou notre comportement, et ENTENDRE nos plaintes.
La personne qui nous soigne peut arriver en effet à RESSENTIR ce que nous exprimons par nos plaintes (l'empathie permet de partager - dans une certaine mesure - les sentiments d'autrui). Mais la personne la plus aimante ne pourra jamais EPROUVER DANS SON CORPS notre douleur ou notre incapacité.
Le médecin qui nous examine et donne un nom aux SYMPTOMES que nous lui présentons ne les éprouvera pas davantage. Heureusement pour lui, d'ailleurs.
L'expérience subjective (1), l'écoute empathique (2) et l' observation objective (3) sont trois approches fondamentalement différentes de la maladie.
1. Même le plus "intuitif" de nos proches (l'"âme soeur"...) n'aura jamais accès à NOTRE expérience d'ETRE malade.
2. Le plus "empathique" de nos familiers (la "mère" qui nous soigne...) ne pourra que dans une certaine mesure partager avec nous le ressenti de nos PLAINTES (la condoléance au sens premier du mot).
3. L'étranger le plus compétent (le "Docteur"...) est quant à lui tout à fait en mesure d'évaluer correctement les SYMPTOMES que nous soumettons à son examen attentif.
La médecine académique est fondée sur l'approche n° 3. Les revues médicales sont pleines de rapports détaillés sur les aspects chiffrables de la maladie et de son déroulement. Le médecin d'aujourd'hui est extraordinairement bien formé à la description de tout ce qui est MESURABLE chez son patient.
Mais il est nettement moins exercé à l'utilisation quotidienne du langage interactif de l'approche n° 2 : le DIALOGUE (silencieux ou parlé) où s'expriment les sentiments du patient comme les siens propres . Il s'en décharge - le plus souvent sans l'avouer - sur son infirmière, qui souvent n'en n'a ni le temps, ni parfois même le droit.
Bon nombre d'articles sont publiés au sujet de la "relation médecin-malade", dont l'importance décisive dans le processus de guérison est aujourd'hui universellement reconnue. Mais fort peu de médecins sont, dans la pratique , capables d'établir avec leur patient un dialogue véritablement "thérapeutique", c'est à dire favorisant la guérison.
Et l'approche n° 3 ne retient pas du tout l'attention du monde scientifique. Ne se méfie-t-il pas en effet de la SUBJECTIVITE comme de la peste? Maudite subjectivité! Elle nous fait trop facilement prendre nos rêves pour la réalité et trouble en tous cas la nécessaire sérénité d'une expérimentation digne de ce nom.
MAIS... la réalité de la maladie n'englobe-t-elle pas bien davantage que le "champ d'expérience" bien contrôlable, reproductible, en quelque sorte "aseptique" en dehors duquel la science actuelle refuse de s'aventurer?
Le résultat de cette attitude se traduit dans le curriculum des études médicales: les aspects relationnels sont tout au plus mentionnés et le soin de "guérir la maladie" laissé aux mains de la seule médecine scientifique (l'Evidence Based Medicine: la sacro-sainte EBM).
Et pourquoi pas, pourriez-vous m'objecter? L'EBM a tout de même fait la preuve de son efficacité. C'est vrai, mais pas dans tous les domaines. Elle obtient ses résultats les plus spectaculaires quand il s'agit de sortir le malade ou l'accidenté d'une situation désespérée, de l'empêcher de mourir.
Mais elle a beaucoup plus de mal à soulager sans trop d'effets secondaires la grande masse des malades chroniques: ceux-là même qui sont de plus en plus nombreux à faire appel à des praticiens disposés à les écouter. A des médecins holistiques prêts à tenir compte de leur VOLONTE bien réelle, quoique invisible (et surtout inchiffrable) de GUERIR. A des hommes de science qui ne réduisent donc pas la réalité à ses seules dimensions matérielles et ni la pensée à la seule rationalité.
La maladie, comme toute autre situation a en effet un côté objectif, un côté interactif et un côté subjectif, le moins connu : celui de la souffrance et de l'impuissance dont nous avons parlé dans cet article, mais aussi celui de la VOLONTE bien réelle DE GUERIR sur laquelle nous aurons à revenir ultérieurement.
Je souffre d'une tendinite du coude depuis près de 6 mois.
On m'a déjà conseillé des tas de choses. Entre autres des anti-inflammatoires, voire des injections de Cortisone. Mais je supporte mal ce genre de traitements, dont je ne suis pas du tout partisan.
Il va de soi que j'évite autant que possible de faire avec mon bras le type de mouvements qui ont déclenché mon "tennis elbow". Mais il m'est impossible d'éviter totalement les mouvements douloureux.
Les seules mesure à m'avoir aidé jusqu'ici sont le port d'un petit bandage orthopédique et le massage du coude douloureux avec une pommade anti-inflammatoire.
Le Chiropractor que je vois régulièrement pour mon dos me conseille d'essayer la neuralthérapie(La neuralthérapie consiste en injections d`anesthésiques locaux afin de traiter des maladies et des états douloureux, n.d.l.r.).
Avez-vous eu de bons résultats avec la Neuralthérapie dans des cas semblables? Ou connaissez-vous un autre traitement dans lequel vous auriez davantage confiance?
La réponse du Rédacteur:
Je n'ai pas eu personnellement de résultats avec la Neuralthérapie pour la bonne raison que je n'ai jamais songé à l'utiliser dans ces cas-là.
Ma thérapie de choix était l' auriculothérapie(L'auriculothérapie est une technique très ancienne, reprise par le docteur Paul Nogier en 1950.
Elle part du principe que l'oreille a la forme d'un foetus à l'envers dans le ventre de sa mère, et est considérée comme une technique réflexe. n.d.l.r.) qui assurait - pour autant que la colonne cervicale ait été préalablement "débloquée" par un chiropractor ou un ostéopathe - une anesthésie suffisante du tendon du coude pour que sa mobilisation progressive au moyen de la kinésithérapie puisse se dérouler de manière tolérable.
Je considère comme essentielle cette remobilisation du tendon malade, consécutif au déblocage de la cause profonde qui se situe souvent au niveau des vertèbres cervicales.
Il ne me paraît nullement exclu que l'anesthésie locale par Neuralthérapie permette - d'une manière comparable - à la kinésithérapie d'être pratiquée sans trop de douleur.
Que faut-il entendre par arthrose? Notre médecin de famille prétend que notre mal au cou, à la tête, au bas du dos, aux mains (chaque lecteur a le sien...) sont dûs à l'arthrose, et qu'il n'y a pas grand chose à y faire, sinon prendre des comprimés anti-douleurs.
En est-il vraiment ainsi?
Certainement pas. Je vais essayer de vous expliquer en quelques mots ce qu'est, selon moi, l'arthrose.
C'est un processus dégénératif. Une dégénérescence lente du CARTILAGE qui assure l'élasticité de nos articulations, ou des DISQUES qui forment des petits coussins fibreux entre nos vertèbres.
Est-ce une maladie de vieux?
Pas du tout: des jeunes peuvent déjà en être atteints. Mais c'est surtout à l'âge adulte que l'on commence le plus souvent à en souffrir.
Quelle en est la cause?
Le déplacement durable (le plus souvent suite à un accident) des extrémités osseuses l'une par rapport à l'autre. Déplacement qui entraîne l'écrasement, puis l'usure progressive du cartilage ou du disque qui maintient normalement ces extrémités à bonne distance l'une de l'autre. La progression de cette usure se voit très bien à la radiographie.
Conséquence: l'arthrose va s'en prendre à chaque "articulation" ainsi subluxée (légèrement "sortie" de sa position habituelle) par le déplacement accidentel de ses surfaces osseuses. Mais il faudra peut-être 10 à 15 ans avant que les premières plaintes n'apparaissent.
Ce seront le plus souvent des douleurs, survenant lors des PREMIERS mouvements demandés à l'"articulation" après une immobilité suffisamment longue. Cette douleur diminue, ou disparaît même complètement après quelques instants (une fois l'"articulation" dérouillée)
Que s'est il donc passé durant la longue période "silencieuse" d'élaboration de l'arthrose? Tout d'abord, nous l'avons vu, l'usure lente et progressive du "coussin" du fait de la malposition permanente des surfaces osseuses. Ensuite la construction d'un échafaudage osseux le long de l'"articulation" atteinte.
Les "becs de perroquet" de la colonne vertébrale en sont un exemple frappant, bien visible à la radiographie. On peut s'imaginer qu'ils ont pour "but" d'arriver à bloquer complètement l'"articulation" de sorte à mettre fin à l'usure du "coussin" et surtout à la douleur causée par le moindre abandon de l'immobilité.
Mais, contrairement aux éclopés des tableaux médiévaux, l'homme moderne n'accepte pas d'être ainsi condamné à une immobilisation progressive. En continuant à mouvoir son articulation arthrosique, il contrecarre le processus de "guérison" naturelle que l'arthrose cherche à lui imposer. Ce qui fait que la douleur ne finit pas par disparaître. Et qu'il se condamne à prendre des comprimés analgésiques tout au long de son arthrose. C'est à dire à perpétuité...
N'existe-t-il donc aucune alternative?
Si, certainement. Tout d'abord par la PREVENTION de l'arthrose par la correction précoce (par la chiropraxie ou l'ostéopathie) du déplacement osseux. Si possible aussitôt après l'accident, aussi bénin qu'il puisse paraître! Afin d'éviter de devoir "réparer les pots cassés" vingt ans plus tard.
Cette réparation tardive est-elle encore possible?
Certainement. Il ne s'agira évidemment pas d'un retour à la situation d'avant l'accident. Mais bien de la disparition des symptômes gênants ou douloureux. C'est un traitement FORT LENT: il peut prendre des mois, voire des années, MAIS IL EST EFFICACE!
La médecine alternative préconise dans ce but depuis plus de 50 ans des préparations homéopathiques dites "d'organes". J'ai prescrit, quant à moi, les complexes anthroposophiques DISCI et CARTILAGO de la firme allemande WALA. Mais je sais que mes confrères holistiques ont également obtenu de bons succès avec les produits de la firme HEEL.
La médecine "officielle" s'y est déjà mise également, à sa façon bien entendu. Je ne puis pas en dire grand chose car, depuis ma pension, je ne me suis plus vraiment tenu au courant des progrès de la médecine académique. Pas plus que je ne me suis mis à la médecine ortho-moléculaire qui affiche aussi de bons résultats dans le traitement de l'arthrose. On peut devenir paresseux à un certain âge!
En tout état de cause, les ampoules injectables de DISCI et CARTILAGO
m'ont permis d'observer un "miracle" chez des dizaines de patients. Trois injections sous-cutanées (indolores) par semaine durant 3 à 24 mois (selon la gravité des lésions constatées à la Radiographie)
ont suffi à leur donner des rémissions (absence totale de symptômes) d'une durée pouvant aller jusqu'à 15, voire 20 ans!
Il s'agissait évidemment des plus "chanceux". Mais TOUS ceux à qui j'ai prescrit ce traitement ont été récompensés par une ABSENCE TOTALE DE SYMPTOMES après deux années de patience au maximum.
Dans mon article sur les Trois Visages de la Maladie, je n'ai au fond parlé que du seul aspect "expérience" de l'aspect subjectif de la maladie. Tu te souviens: l'impuissance, la souffrance du malade. En fait son INCAPACITE à agir, à se sentir "comme avant", à penser de manière lucide. Et j'ai souligné à quel point cette incapacité est incommunicable, non prouvable à autrui.
Mais c'est encore bien davantage le cas du versant positif, actif, de notre expérience subjective de la maladie. Je veux parler de la VOLONTE ACTIVE DE GUERIR qui est presque toujours présente chez le malade.
Celle-ci reste cependant le plus souvent inaccessible à la conscience du malade lui-même. Elle agit en lui à son insu. Comme c'est le cas dans la plupart des processus volontaires, seul son BUT (penser, se sentir et agir "comme avant") est vraiment conscient. Et encore, il faut le solliciter par une question, tellement il paraît évident.
Il "va de soi", pensons-nous, que tout malade veuille guérir. Au niveau du langage, c'est vrai: poser la question , c'est y répondre. Même le plus grand simulateur affirmera sans rougir qu'il ne demande qu'à penser, se sentir et agir "comme avant".
Mais il est clair qu'il donne à ces mots une signification bien différente de celle que leur attribue le médecin contrôleur qui cherche à savoir s'il y met vraiment du sien. Y mettre du sien signifierait vouloir vraiment FAIRE tout ce qu'il faut pour que cesse l'incapacité. Et tout le monde ne le fait pas. Pas seulement les simulateurs conscients et organisés.
Certains malades ont peur de se retrouver COMME AVANT. La maladie est pour eux une solution, bancale et inconfortable certes, mais tout de même préférable à la situation qu'ils connaissaient AVANT que la maladie ne vienne les PROTEGER (de l'angoisse par exemple).
N'oublions pas que GUERIR est la version moderne du mot GUARIR qui, dérivé du germanique WARJAN (le verbe "wehren" signifie toujours en allemand "se défendre", songeons à la Wehrmacht!) garde toujours une connotation défensive: se protéger de la mort, de l'invalidité définitive, d'une souffrance "interminable".
Vouloir guérir, dans le monde francophone, est donc avant tout vouloir se défendre CONTRE une maladie perçue comme une agression à son intégrité, à sa capacité de penser, de sentir et d'agir comme on a été habitué de le faire.
Il n'en est pas de même dans les langues germaniques. Guérir signifie là "rendre ou redevenir SAIN" (l'allemand "Heilung"), COMPLET (l'anglais "heal"), ENTIER ("whole" dérive en anglais du même radical que "heal").
Faut-il s'étonner que la médecine holistique a fait ses premiers pas en territoire germanique (Paracelse, Hahnemann, Kneipp, pour ne citer que les plus anciens et les plus connus)?
Mais, qu'il s'agisse de défendre son INTEGRITE contre un danger externe ou de lutter à l'intérieur de soi pour recouvrer sa SANTE, sa COMPLETUDE, il s'agit toujours de LUTTER pour atteindre un MIEUX.
Et cette lutte largement inconsciente de notre organisme pour parvenir à la guérison connaît des limites.
Il arrive, au terme d'une longue et pénible maladie, que le malade cesse - intérieurement - de vouloir guérir et accepte comme une délivrance l'arrivée de sa mort.
Son "instinct de conservation" vient alors à lui faire défaut et il se laisserait mourir si son entourage ne cherchait pas à le maintenir en vie de gré ou de force (l'acharnement thérapeutique n'est pas l'apanage des seuls médecins...).
Tout se passe comme si quelque sagesse "supérieure" lui faisait "comprendre" que poursuivre la lutte n'aurait pour résultat que de prolonger la souffrance de son agonie. C'est peut-être cette même sagesse qui, dans la jungle, fait que la proie renonce à fuir et à se défendre de son prédateur lorsque la "partie est manifestement perdue", abandon terminal qui lui épargne probablement les affres de se sentir dévorée en pleine conscience!
Tous les professionnels qui ont accompagné jusqu'au bout des malades terminaux ont eu l'occasion de constater "intuitivement" ce revirement. Et, si leur intuition n'a pas été neutralisée par des considérations sentimentales ou des préjugés intellectuels, ils se sont accordé le droit de respecter cette dernière volonté de leur patient d'abandonner la lutte en vue d'une guérison évidemment impossible.
Je parle ici d'INTUITION dans une signification un tant soit peu différente de celle des dictionnaires. La plupart de ceux-ci la définissent en effet comme un processus de pensée, immédiate, non-discursive c'est à dire dépourvue de toute élaboration rationnelle.
Je ne suis pas seul à mettre en doute le bien-fondé d'une telle définition. Il s'agit, selon moi, d'un processus relevant de la volonté inconsciente que je préférerais voir appeler le Vouloir.
L'INTUITION est alors autorisation immédiate, décision qu'aucun raisonnement ne vient justifier d'AGIR de manière JUSTE. Nous savons avec certitude que c'est la BONNE décision qui nous est ainsi "affichée". Nous restons libre d'agir selon cette intuition ou de la négliger. L'avenir apporte souvent la "preuve" qu'elle était correcte. C'est à dire conforme à ce que la destinée "attendait" de nous.
Cette destinée strictement personnelle que l'individu n'apprendra à connaître par la pensée lucide que bien plus tard, quand il réalisera que les choix qu'il a faits durant son existence n'ont pas été le fait d'un hasard aveugle. Pour autant qu'il arrive à ce degré de lucidité rétrospective, bien entendu.
Une telle conception de l'intuition me paraît mieux rendre compte de nombreux faits que la pratique médicale permet de constater. L'intuition thérapeutique qui caractérise le "bon" médecin en est un bel exemple. Nous en parlerons certainement plus tard: c'était un des thèmes privilégiés de mon enseignement. Peut-être parce que je croyais être le premier à en parler de manière intelligible...
J'ai 23 ans, et souffre depuis trois ans de Candidose. J'ai essayé sans succès des tas de traitements.
Les symptômes en sont: d'abondantes pertes vaginales blanches, glaireuses, granuleuses ainsi que des glaires filandreuses dans la bouche. Ma langue présente parfois des zones dénudées et mon haleine sent alors la paille moisie. Il fut un temps aussi où j'avais pas mal de crampes dans le ventre. Aujourd'hui encore, mes selles ne sont pas comme elles devraient être.
Il se peut que mon organisme ait été affaibli par les nombreuses cures d'antibiotiques que j'ai reçues dans mon enfance. Ainsi que par les nombreuses difficultés émotionnelles que j'ai connues.
Lorsque la Candidose a commencé à me jouer des tours, mon médecin a voulu me prescrire des antibiotiques. Je les ai refusés et m'en suis tenue tout un temps à un régime sans lait, sans viande, sans levure, sans café ni alcool.
J'ai attrapé alors des problèmes de dos, que j'ai pu résoudre par la chiropraxie et l'ostéopathie. Mon ostéopathe attribuait les maux au stress actuel et aux antibiotiques de mon enfance.
J'ai essayé aussi diverses thérapies alternatives comme l'électro-acuponcture, l'homéopathie, la médecine orthomoléculaire et des cures de vitamines Ainsi que pas mal d'herbes médicinales qui auraient dû me débarasser de mes Candidas... Peine perdue, comme celle consacrée aux pensées positives que je dirigeais vers mon bas ventre.
La seule chose qui agit finalement, c'est d'aller en vacances en Méditerrannée. Alors je peux manger ce que je veux sans éprouver de symptômes de Candidose. Au début j'ai cru que c'était le climat chaud, mais j'ai dû déchanter: il a fait très chaud chez nous également et mes symptômes ont réapparu.
Il faut dire qu'en vacances je suivais un cours de yoga et que je m'occupais donc consciemment de mon corps. J'avais aussi la chance fort rare d'y côtoyer mon père.
Je me sens pour le moment nettement mieux sur le plan émotionnel, mais je me demande comment je parviendrai à me débarrasser de ces fichues Candidas. Je ne puis tout de même pas prendre des vacances à longueur d'année! Peut-être avez-vous une autre suggestion à me faire?
La réponse du Rédacteur:
La Candida albicans, (en latin: la blanchisseuse éblouissamment blanche), n'est pas aussi innocente que sa dénomination candide laisserait supposer. Vous êtes bien placée pour le savoir...
Je crois volontiers que le recours fréquent aux antibiotiques peut avoir joué un rôle. Mais pourquoi les plaintes n'ont-elles commencé que lors de vos 18-19 ans? Des événements traumatiques auraient-il eu lieu à cette époque?
Quoi qu'il en soit, il s'agit de débarrasser votre corps au plus vite de cette infatigable moisissure. Mais comment, au vu de l'échec de toutes les thérapies alternatives que vous avez essayées?
Le plus simple (et parfois le plus rapide) pourrait être de donner une chance à la médecine "officielle" et de vous résigner à une cure de fongostatiques. Ces médicaments chimiques, qui contrecarrent le développement des champignons et des moisissures, ne sont pas des antibiotiques au sens classique du terme. N'oublions pas que le Penicillium, qui a donné le premier des antibiotiques, était lui-même une moisissure (le "vert" du Roquefort, à peu de choses près)...
Vu votre manifeste aversion pour les médications officielles, vous préférerez sans doute vous tourner vers les ennemis naturels des moisissures: la sécheresse et l'acidité. Un traitement rationnel pourrait consister alors dans l'acidification de vos muqueuses buccales et vaginales, puisque leur assèchement ne vous plaira vraisemblablement pas!
On peut arriver à un degré suffisant d'acidification par des irrigations vaginales et des bains de bouche quotidiens (pas plus d'une fois par jour!) au moyen d'une solution - dans de l'eau tiède - de vinaigre ou de présure (Molkosan par exemple) .
Un tel traitement, poursuivi pendant quelques mois, a souvent suffi à débarrasser mes patientes de leur candidose. Mais malheureusement pas dans tous les cas. Il a fallu parfois recourir aux conseils d'une diététicienne pour arriver à acidifier les muqueuses - les rendre moins alcalines - "de l'intérieur" , par le biais d'une alimentation appropriée.
Et lorsque même un tel régime "sur mesures" était resté sans résultat, il m'a fallu recourir à la psychanalyse pour aider une patiente à prendre conscience de son désir inconscient d'être sexuellement "peu appétissante".
Du genre de "Quand elle est avec son père, elle n'a pas "besoin" de tous ces symptômes-là". Je vais chercher trop loin? Peut-être, mais les mécanismes inconscients qui freinent ou empêchent la guérison peuvent se révéler aussi rebelles que cela.
Voilà tout ce que dont je puis témoigner personnellement au sujet de cette épuisante maladie.
Votre article sur l'arthrose m'a bien éclairé sur ce sujet, mais je crains que mes douleurs aux mains soient d'une autre espèce. J'exerce le métier de potier depuis environ 25 ans , au long desquels j'ai par conséquent trempé mes mains dans l'eau pendant des heures, et j'y ressens de temps à autres une douleur qui ne s'atténue pas "à l'usage", bien au contraire.
Mon médecin me parle d'arthrite et me prescrit des anti-inflammatoires tout en me mettant en garde d'en prendre trop si je veux éviter des problèmes d'estomac.
Le traitement de l'arthrite diffère-t-il de celui de l'arthrose, et en quoi consiste-t-il?
La réponse du Rédacteur:
Nos parents attribuaient au "rhumatisme chronique", que les Anglo-saxons continuent de qualifier d' ARTHRITIS, des douleurs articulaires d'origine fort diverse.
La rhumatologie moderne, en Europe continentale en tous cas, fait depuis longtemps la distinction entre l'arthrose, dont nous avons parlé dans
un article précédent, et les différentes formes d'arthrite, c'est-à-dire d'inflammation des articulations, dont l'arthrite chronique des mains est une forme assez répandue chez les personnes qui travaillent "les mains dans l'eau (froide)".
Et une inflammation doit être traitée fort différemment d'un processus dégénératif. Il s'agit le plus souvent de la refroidir, afin de diminuer la douleur que produit chaque mouvement de l'articulation atteinte. C'est ainsi qu'agissent la plupart des médicaments anti-inflammatoires.
Vous vous souvenez que dans cet
article sur l'arthrose, je soulignais que la douleur typique de cette affection dégénérative n'était présente qu'au début du premier mouvement qui fait suite à une période d'immobilité de l'articulation. La douleur diminuant considérablement ou même complètement après quelques minutes de mouvement ( un "échauffement" en quelque sorte).
Chaque homéopathe sait, depuis que le Dr Hahnemann en a fait l'expérience, il y plus d'un siècle et demi, qu'une dilution homéopathique de BRYONIA diminue les douleurs aggravées par le mouvement (quel qu'il soit, d'ailleurs). Mais ne parvient aucunement à prévenir la douleur arthrosique du "premier mouvement", celle qui disparaît spontanément "à l'échauffement". Un autre "best seller" homéopathique: le RHUS TOXICODENDRON, se charge de la prévention de ce type de douleur "initiale", améliorée par le mouvement.
On peut dire que BRYONIA est un remède homéopathique typique - et efficace - de l'arthrite, tandis que RHUS TOX (l'abréviation familière de Rhus toxicodendron) est celui de l'arthrose.
Il va de soi que des mesures préventives (éviter le contact fréquent avec l'eau froide et fuir l'humidité en général) jouent un rôle décisif dans la (ré)apparition des poussées d'arthrite. De même, un climat chaud et sec comme celui du Sud-Est de l'Espagne est fort apprécié des arthritiques. Comme des arthrosiques d'ailleurs, qui constatent que leurs articulations leur causent nettement moins de problèmes lorsqu'ils ont la chance d'y passer l'hiver!
Il existe donc, en médecine holistique, de nombreuses alternatives à l'usage des anti-douleurs chimiques, le plus souvent efficaces certes, mais pas toujours bien tolérés par l'estomac!
J'ai caractérisé, dans un précédent article, la Volonté de Guérir comme ce qui nous pousse inconsciemment à vouloir ALLER MIEUX.
C'est à dire, le plus souvent, à vouloir recouvrer la pleine capacité d'action (d' ALLER bien, au sens littéral et très concret de ce mot ) que la maladie nous a fait perdre.
Mais nous avons tout de suite dû constater deux notables exceptions.
D'une part, la névrose qui nous fait parfois préférer la persistance de l'incapacité au retour à une situation antérieure trop pénible (en langage technique: la maladie est devenue un bénéfice secondaire). Aller mal vaut mieux qu'aller soi-disant bien, comme avant.
D'autre part, dans l'agonie terminale, nous avons vu le malade renoncer définitivement à "aller mieux", car il se rend inconsciemment compte qu'il n'a plus aucune chance d'y parvenir dans la "carcasse" douloureuse et manifestement inutilisable qu'est devenu son corps.
Le MIEUX n'est donc pas toujours synonyme du "mieux" physique (ou de la capacité d'aller mieux, c'est à dire de se mouvoir librement, sans souffrir). Il peut tout aussi bien s'agir d'un "mieux" psychique (l'incapacité physique étant alors vécue comme un moindre mal) voire spirituel (prendre ses distances par rapport à son corps physique et cesser de vouloir jouer les multiples "rôles" qui constituaient jusque là sa personnalité) .
Ce mieux subjectif est donc bien celui de l'entièreté, de la globalité de l'individu concerné. Globalité qui ne se limite nullement à son corps physiquement perceptible, mais tout autant à son psychisme et à ce qu'il est convenu d'appeler son Moi (le centre de gravité de sa subjectivité).
Les langues germaniques, l'anglais en tête, reflètent davantage ce caractère globalisant de ce que nous appelerions en français le "vouloir être guéri". "To be healed" signifie en effet littéralement "être fait - ou rendu - entier (whole)".
Recouvrer son "entièreté" (wholeness) me paraît être la réaction constante, bien que inconsciente, à toute limitation de cette entièreté. La volonté de guérir corporellement en est la facette la plus visible. Ses autres facettes, plus secrètes mais non moins motivantes, sont le besoin de "se réaliser complètement", d'épanouir ses facultés psychiques (le souci bien postmoderne du "développement personnel"), voire spirituelles (le souhait, présent à toutes les époques, celui-là, d'être pleinement "initié" aux mystères de l'existence).
Le commun dénominateur de toutes ces aspirations étant le "devenir" optimal du microcosme que chaque personne humaine se "sait" intuitivement être, au sein d'un Macrocosme (Société, Nature, Cosmos) aussi large que l'idée que chacun s'en fait.
Devenir "complet", atteindre son plein "achèvement", en harmonie avec cet Univers bien personnel dont il a la certitude intuitive d'être le centre : voilà le "plan" de vie inconscient de tout être humain, qu'il se le formule consciemment ou non.
Telle est en tous cas l'idée que je m'en fais. Et je crois que c'est le modèle implicite de pensée de tous les adeptes de la médecine holistique.
Eux aussi donnent à leur conception personnelle du HOLOS, du Tout, les dimensions de ce qu'ils sont honnêtement capables de croire. Nous trouverons donc parmi eux des matérialistes endurcis aussi bien que des spiritualistes presque illuminés.
Mais ce qu'ils ont tous en commun, ce qui les différenciera toujours des scientifiques "microscopisants", "hyperspécialisants", c'est leur souci de traiter leurs patients dans leur globalité et surtout dans leur INDIVIDUALITE.
La kinésiologie permet, si j'ai bien compris, de répondre par OUI ou NON à la question de savoir si un aliment (ou un médicament) convient à une personne. On lui fait tenir, d'une main, la substance à tester, en lui demandant d'opposer une ferme résistance à notre tentative de faire baisser son autre bras tendu horizontalement. Si cette résistance s'effondre immédiatement, la réponse est NON.
J'ai essayé un beau jour de déterminer de cette manière quelles aliments conviennent (ou non) à mes amis. Les résultats, parfois spectaculaires, nous ont bien amusés. Nous avons fait le test avec une pomme, un paquet de beurre et un paquet de café. De manière générale, la pomme convenait à tout le monde, mais pas le beurre...
Une dame de l'assemblée, grande consommatrice de café, se demandait tout de même si cette boisson lui faisait vraiment du bien. Tandis qu'elle serrait avec ferveur, de sa main gauche, le paquet de café sur son coeur, son bras droit retomba aussitôt sous notre pression (ce qui signifie que le café ne lui convient vraiment pas). Devant ses véhémentes protestations (nous avions poussé beaucoup trop fort, selon elle), nous répétâmes le test: il suffit cette fois de la pression d'un seul doigt pour surmonter la résistance de son bras tendu.
Un autre participant, un monsieur de 83 ans, fort sceptique, mince, de petite taille, plein de vitalité (il mange peu et ne boit jamais d'eau, mais absorbe quotidiennement sa dose de genièvre, avec ou sans Coca!) demanda qu'on teste si le genièvre lui convenait ou non. La solide résistance de son bras droit ne laissa place à aucun doute: Non, le genièvre lui fait aucun mal! Le paquet de beurre, par contre vit son bras chuter immédiatement...
Il s'agissait, bien sûr, de tests "culinaires". Mais en va-t-il de même pour tester l'état d'un organe? Sur moi-même par exemple. Ce n'est pas que j'aie l'intention de diagnostiquer des maladies ou de jouer à la thérapeute, mais ce serait tout de même pratique de pouvoir déterminer, pour mon usage personnel,
quels aliments me conviennent et lesquels je ferais mieux d'éviter.
La réponse du Rédacteur:
La kinésiologie n'est rien de plus (mais rien de moins, non plus) qu'une manière élégante de demander au tonus musculaire de quelqu'un (qu'on l'appelle son "Corps", sa "Sagesse" inconsciente ou tout autrement, peu importe) de répondre par OUI (le tonus se maintient) ou par NON (le tonus "flanche") à une question quelconque dont ce Corps ou cette Sagesse sont supposés CONNAITRE la réponse.
Des expériences amusantes, comme celles que tu as faites avec tes amis, apportent de l'eau au moulin de cette supposition. Mais la fiabilité de la méthode dépend essentiellement de la précision de la question posée, ainsi que de la parfaite neutralité de celui qui pose la question (de l'absence chez lui de la moindre idée préconçue au sujet de la réponse). Ceci implique évidemment que le kinésiologue ne soit pas un familier de la personne testée et qu'il fasse au maximum abstraction de sa propre intuition subjective.
C'est pourquoi il est exclu de pratiquer la kinésiologie sur soi-même . Seul un kinésiologue étranger au problème peut disposer de la nécessaire objectivité ainsi que des outils rigoureux qui lui permettront de systématiser au maximum les interrogations, en utilisant des listes, des tableaux, des textes convenant à n'importe quel client.
Car c'est le kinésiologue, et lui seul, qui posera au "Corps" les questions auquel ce dernier répondra affirmativement ou négativement. Il les posera le plus souvent à haute voix, pour permettre au client de suivre le déroulement de la séance, et de formuler éventuellement quelque commentaire.
Rien ne s'oppose donc à ce que tu t'exerces à la kinésiologue avec ta famille et tes amis. Mais, de grâce, pour les questions te concernant personnellement, adresse-toi à un(e) kinésiologue certifié(e)!
Abstraction faite de la pharmacopée classique, la médecine holistique peut-elle traiter les personnes souffrant de crises d'épilepsie, et si oui, quelles sont les thérapies à mettre en oeuvre?
La réponse du Rédacteur:
Ta question concernant le traitement des crises d'épilepsie est vraiment un peu trop générale pour que je puisse y répondre immédiatement.
Pourrais-tu me donner l'âge approximatif du patient, son activité habituelle, la fréquence et le type des crises (grand mal, petit mal?) ainsi que le traitement utilisé jusqu'ici, ou son possible "insuccès"? Afin que je puisse te donner une réponse ciblée et basée sur mon expérience personnelle.
Un médecin holiste de mes connaissances m'a récemment posé une question que se posent peut-être également d'autres lecteurs:
"Que cherches-tu à promouvoir (à "vendre" dirait-on de nos jours) avec ta Quack Free Holistic Newsletter?"
En d'autres termes: Que vont me "rapporter" ces efforts pour faire paraître régulièrement mon bulletin en trois langues, puisque je refuse d'être le promoteur, ou même le protagoniste d'une quelconque des thérapies que j'ai pratiquées avec bonheur?
Sur le plan matériel, rien du tout. L'abonnement étant gratuit, je ne récupère rien des sommes que j'ai dépensées dans le but d'apprendre à construire un site et à rédiger une Newsletter attrayante. Car il ne faut pas croire qu'on lit un e-mail comme on lit son journal: il est nettement plus facile de l'envoyer d'un seul clic aux oubliettes, c'est à dire dans le Dossier où nous le classerons auprès de ses congénères destinés à être lus plus tard, "quand nous aurons le temps"...
Or je tiens beaucoup à ce que mes considérations soient lues. C'est certainement mon motif le plus clair à faire paraître toutes les six semaines une nouvelle Quack Free Holistic Newsletter. Mais une motivation moins honorable ne se cacherait-elle pas derrière mon désir d'être lu?
Ne serait-ce pas pour me faire des nouveaux "clients", (lisez: des honoraires) qui me permettraient de récupérer l'argent que j'y ai investi? Non, car je ne prends plus de nouveaux patients depuis ma retraite, voilà bientôt sept ans.
Ou serait-ce peut-être pour me rappeler à l'attention de mes anciens patients, et les faire ainsi revenir à mon cabinet? Mais combien d'entre eux savent que je suis "sur le web"? Et combien sont déjà assez "branchés" (e-mail, internet, ADSL) pour accéder à mon bulletin? Je ne dois vraiment pas attendre des honoraires de ce côté-là. Je leur propose d'ailleurs de répondre gratuitement, dans mon bulletin, aux questions qu'ils voudront me poser!
Mais il pourrait s'agir d'un calcul à plus long terme... Mon mentor en création et promotion de sites web, le médecin canadien Ken Evoy, ne cesse d'encourager ses élèves à susciter d'abord l'intérêt et la confiance de leur client potentiel, avant même de lui proposer d'acheter quoi que ce soit.
Il faut commencer par se rendre visible, crédible et veiller à le rester. C'est une des raisons pour laquelle son programme "Site Build it" insiste tellement pour qu'un bon site bénéficie du prolongement d'une Newsletter intéressante, destinée à rappeller régulièrement (mais pas trop souvent) son existence à ses futurs acheteurs.
Admettons, mon cher lecteur. Mais quel "produit" aurai-je peut-être un jour envie de vous "vendre" ?
Un livre de ma main (électronique ou imprimé), pour lequel je demanderais alors de l'argent? Sait-on jamais... Mais alors il faudrait que je surmonte ma répugnance atavique à donner une forme définitive à des pensées que je ressens le plus souvent comme inachevées, encore susceptibles d'évoluer. Je n'en suis en tous cas pas encore là pour le moment.
Et quelle motivation aurais-je à écrire un tel livre? Celle d'obtenir cette large notoriété que ma (fausse) modestie m'a empêché de rechercher jusqu'ici? Je ne suis que trop conscient que l'objet de mes réflexions n'intéresse qu'un public fort restreint.
Plus qu'un succès de foule, je me souhaite un public de connaisseurs, de lecteurs qui - d'une manière ou d'une autre - me ressemblent. Qui se reconnaissent, en tous cas, dans ce que je veux partager avec eux.
Et, en attendant ce livre qui ne sera peut-être jamais publié, je crois que c'est ce genre-là de succès qui me "paie" de la peine que je me donne et des efforts financiers auxquels j'ai, tous comptes faits, librement consenti...
Je me suis laissé injecter par voie intraveineuse durant plus d'un an, toutes les 3 semaines, une ampoule de TESTOSTERONE, (un endocrinologue ayant constaté dans mon sang trop peu de cette hormone masculine) dans l'espoir de retrouver ma libido, qui avait pratiquement disparu, au grand dam de ma relation de couple.
J'ai 60 ans et ma compagne en a 5 de moins. Tous deux rescapés d'un divorce, nous nous sommes rencontrés il y a 10 ans environ. Conscients dès le début de nos énormes différences sur les plans intellectuel, culturel et spirituel, mais nous sentions par contre unis et solidaires devant nos problèmes communs, surtout d'ordre financier.
Le soutien que nous nous apportions mutuellement nous a amenés, après six mois, à nous mettre en ménage. Mais ma compagne est vite devenue jalouse des liens d'amitié que je continuais d'entretenir avec des amies que j'avais connues après mon divorce.
Après un an et demi de tension devenue insupportable, nous avons décidé de ne plus vivre sous le même toit, tout en restants amants . Nous avons ainsi connu, malgré des hauts et des bas, une relation L.A.T. (= Living Apart Together) sexuellement très satisfaisante.
Mais, voilà qu'il y a 5 ans d'ici, juste avant que mon amie ne se décide à venir habiter sous mon toit, je contracte à deux reprises une prostatite aiguë qui finit par nécessiter mon hospitalisation et la perfusion intraveineuse d'antibiotiques. J'en ai gardé quelques problèmes de miction (ma prostate est probablement hypertrophiée) pour lesquels je nesuis pourtant aucun traitement.
Quoi qu'il en soit, depuis le jour où nous nous sommes remis en ménage, ma libido a tellement diminué que l'érection m'est devenue de plus en plus problématique. Mon amie cherche en vain à m'y "contraindre". Mais lorsque je lui demande de s'y prendre autrement, elle me réplique sèchement que "d'autres hommes y seraient déjà parvenus depuis longtemps!". Ce qui n'arrange rien, bien entendu. Pas plus que le Viagra, d'ailleurs.
En désespoir de cause, nous sommes allés voir, il y a 2 ans, un endocrinologue qui m'a prescrit cette Testostérone intraveineuse qui aurait dû me rendre ma libido dans les 6 à 9 mois. Mais, comme je l'écrivais plus haut, il n'en a rien été, même après plus d'un an. Ayant décidé de commun accord de renoncer à ces injections, le médecin m'a conseillé d'aller voir un psychologue, ce que je n'ai pas encore fait jusqu'à présent.
Au plan sexuel, nous restons donc sur notre faim. Surtout ma compagne bien sûr! Et bien que nous restions aimables et courtois l'un envers l'autre, je me surprends de caresser le rêve d'une relation vraiment harmonieuse avec mon "âme-soeur".
Je serais heureux de connaître votre opinion sur ce sujet qui peut concerner plus d'un de vos lecteurs.
La réponse du Rédacteur:
Il n'est pas du tout exceptionnel, ni surprenant, de voir apparaître des problèmes sexuels après une hospitalisation en raison d'une prostatite aiguë récidivante, traitée avec des moyens aussi spectaculaires.
La peur, inconsciente, que des rapports sexuels complets puissent réveiller un tel cauchemar suffit amplement à mettre temporairement l'homme le plus viril au "chômage technique".
La Testostérone n'y peut rien, bien entendu. Ni les paroles d'"encouragement", bien intentionnées certes, mais profondément humiliantes de la partenaire.
Car il s'agit bel et bien d'un traumatisme psychologique. Et c'est psychologiquement qu'il faut en venir à bout. Votre endocrinologue avait tout à fait raison sur ce point.
Il s'agit tout d'abord d'éviter rigoureusement toute situation susceptible de réveiller l'angoisse. L'abstention de tout rapport sexuel est donc de mise, aussi longtemps que la cause inconsciente du traumatisme n'aura pas été traitée efficacement.
C'est-à-dire corrigée (intégrée avant d'être effacée) en quelques séances chez un(e) kinésiologue familier(ère) de la psychologie des profondeurs et formé(e) à la méthode "Three in One"
Votre couple aura ensuite probablement besoin des conseils d'un sexuologue averti, car les "anciennes" manières de faire l'amour risquent fort de réveiller (inconsciemment certes, mais d'autant plus efficacement) les aspects traumatiques de votre sexualité récente. Il y a là, pour votre compagne, un rôle essentiel à jouer.
Votre délicat problème pourrait donc trouver une solution plus rapidement que vous ne le croyez.
Un confrère spécialiste (il est urologue), manifestement doué pour la plume, a publié en 2000 une série d'articles d'une ironie cinglante sous le titre de "Méditations sur l'avenir de la médecine" (Nrs 11,12 en 13).
L'extrait suivant, particulièrement bien "enlevé" en a récemment été cité par le bulletin du syndicat des médecins spécialistes belges.
Imposture des mots:
"Anti- et Patasciences trouvent leur succès dans leur force de persuasion basée sur l'imposture du vocabulaire et le sophisme du raisonnement. Ainsi, insidieusement, le vocabulaire oppose l'oligarchie de la "Big Science" à la démocratie des cultures traditionnelles. L'allopathie traiterait les symptomes tandis que l'homéopathie traiterait les causes, alors qu'en réalité, la situation est exactement l'inverse. La médecine scientifique est chimique et donc polluante, la patamédecine est naturelle, donc, bienfaisante. La pensée scientifique est linéaire, donc limitée, la pensée alternative est complexe, donc ouverte à l'avenir. La science est occidentale, donc colonialiste et dominante, les pensées orientales sont sages, donc réconciliatrices. La science moderne est orthodoxe, donc conservatrice, les patasciences sont alternatives, donc originales. La science est technologique, donc dure, agressive, inhumaine et polluante, les patasciences sont douces, donc en harmonie avec la nature. La science est réductionniste, donc bornée, la patascience est holistique, donc universelle et sacrée. Enfin la patamédecine est douce quand les maladies sont bénignes, elle est complémentaire quand les maladies sont plus sérieuses, elle est alternative quand les maladies sont incurables. Elle est donc omniprésente…."
Je me propose d'y répondre point par point:
Les vocables Antiscience et Patascience ne sont-ils pas eux-mêmes de superbes exemples de cette imposture du vocabulaire que notre confrère veut stigmatiser?
Le premier (Antiscience), totalement ignoré de ceux qui sont censés la pratiquer, cherche à réunir sous la même bannière des personnes d'origine et de formation intellectuelle extraordinairement diverses (certains critiquant les fondements philosophiques du monde scientifique tandis que d'autres s'en prennent essentiellement à ses effets secondaires jugés néfastes), qui n'ont en commun que leur critique de la pensée - totalitaire à leurs yeux - de l'autorité scientifique dominante."
Le second (Patascience) est une allusion littéraire (bien trouvée, il faut l'admettre!) au vocabulaire hilarant au moyen duquel Alfred Jarry réglait ses comptes avec la science officielle de son époque. Tout comme Molière d'ailleurs, qui ne s'en prenait pas du tout aux remèdes - alternatifs - des "bonnes femmes" mais à la fatuité pseudo-intellectuelle des médecins "académiques" de son temps.
"Ainsi, insidieusement, le vocabulaire oppose l'oligarchie de la "Big Science" à la démocratie des cultures traditionnelles."
Il est vrai que la base populaire des critiques de la "Big Science" stigmatise - à juste titre - le comportement "aristocratique" du monde académique: pour y faire carrière, il s'agit de "bien" penser, c'est à dire surtout de penser comme ceux qui se trouvent à son sommet. Mais peut-on parler d'une oligarchie, lorsque toutes les autorités académiques parlent, à peu de choses près, le même langage ?
Les critiques plus "éclairés" de la Big Science n'utilisent certainement pas un tel vocabulaire. Pas plus qu'ils ne croient au caractère "démocratique" de la médecine populaire: la prescription du chamane comme celle de la sorcière moderne est bien plus impérative encore (plus sacrée...) que celle de la Faculté!
"L'allopathie traiterait les symptomes tandis que l'homéopathie traiterait les causes, alors qu'en réalité, la situation est exactement l'inverse."
En est-il bien ainsi? L'homéopathie cherche à traiter les causes au travers des symptômes. Tout comme l'allopathie d'ailleurs.
La différence - essentielle et radicale - réside dans ce que chacune de ces disciplines appelle "cause" ou "symptôme". Sans entrer dans les détails, disons que l'homéopathie cherche davantage la "cause" dans la constitution du malade, alors que l'allopathie l'attibuerait plus volontiers à des facteurs "extérieurs" (alimentaires, microbiens par exemple). Et le "symptôme" homéopathique est bien plus large (songeons au poids des éléments subjectifs) que celui que l'allopathie prend en compte.
"La médecine scientifique est chimique et donc polluante, la patamédecine est naturelle, donc, bienfaisante."
Je crois que personne ne met plus en doute aujourd'hui le caractère potentiellement polluant de la médecine "chimique". Comme, d'ailleurs, celui de l'agriculture du même nom, et au même titre.
Il est tout aussi évident que les médecines naturelles, que notre confrère traite avec tant de mépris de "patamédecines", le sont nettement moins, sinon pas du tout. Même si elles ne sont pas nécessairement "bienfaisantes". Elles peuvent être tout aussi "malfaisantes", iatrogènes que la médecine académique.
"La pensée scientifique est linéaire, donc limitée, la pensée alternative est complexe, donc ouverte à l'avenir."
Je ne pense pas qu'un esprit sensé puisse accuser la pensée scientifique d'être linéaire. Il est bien évident qu'elle est pluridimensionnelle.
Mais la médecine holistique l'est bien davantage encore, car elle ose tenir compte d'éléments subjectifs, voire spirituels, auxquels la "médecine basée sur l'expérience" refuse - contre toute évidence - le statut de réalité "utilisable".
"La science est occidentale, donc colonialiste et dominante, les pensées orientales sont sages, donc réconciliatrices."
Bien que la plupart des médecines alternatives n'aient rien à voir avec la pensée orientale, il faut bien reconnaître que cette dernière a toujours eu un caractère moins analytique, plus globalisant, en un mot plus holistique que celui qui caractérise la médecine occidentale depuis qu'elle a pris pour modèle la vision du monde de Descartes.
Le caractère "impérialiste" de la science officielle n'est probablement pas étranger non plus à l'Europe, son berceau d'origine. Ici aussi, point de salut en dehors de la Religion dominante. Et les "hérésies" comme l'homéopathie doivent être combattues avec toutes les armes disponibles. Et, lorsque les ignorer avec mépris ne suffit pas à arrêter leur progression, il ne faut pas hésiter à les interdire. Ou, faute de mieux, à boycotter leur utilisation par des mesures budgétaires (non-remboursement des prescriptions, voire des prestations elles-mêmes)
"La science moderne est orthodoxe, donc conservatrice, les patasciences sont alternatives, donc originales. "
Il paraît en effet évident à pas mal de gens intelligents que la manière holistique de penser pourrait apporter une bouffée d'oxygène à un monde académique en grande partie étouffé par ses propres oeillères, si l'on me permet cette curieuse métaphore.
"La science est technologique, donc dure, agressive, inhumaine et polluante, les patasciences sont douces, donc en harmonie avec la nature."
Je dirais, quant à moi, que la technologie scientifique moderne est nettement moins douce, moins humaine et plus polluante que les médecines alternatives, généralement plus douces, plus en harmonie avec la nature. Une question de formulation, en quelque sorte. Et de respect pour le contradicteur...
La science est réductionniste, donc bornée, la patascience est holistique, donc universelle et sacrée.
Même remarque: s'il est vrai que la Science réduit ses observations à la seule Evidence matérielle, et que sa vision est forcément bornée par de telles oeillères, il serait tout à fait présomptueux d'accorder à la science holistique un statut d'universalité qu'elle ne revendique d'ailleurs pas. Et encore moins d'en faire l'objet d'un culte!
"Enfin la patamédecine est douce quand les maladies sont bénignes, elle est complémentaire quand les maladies sont plus sérieuses, elle est alternative quand les maladies sont incurables. Elle est donc omniprésente…."
In cauda venenum! Si les coups de griffe ironiques de notre confrère spécialiste relevaient jusqu'ici des préjugés communs à la plupart de membres du corps scientifique, ses dernières assertions font preuve d'une mauvaise information, sinon de l'intoxication pure et simple.
Non. Il n'est pas vrai que la médecine douce ne traite pas les maladies sérieuses, voire incurables. Bien au contraire. Et on le lui reproche suffisamment. Ce qui ne l'empêche nullement d'accepter le rôle modeste de médecine complémentaire lorsqu'une thérapie "académique" se révèle indispensable.
Quoiqu'en pensent ses adversaires, elle a le droit d'être "omniprésente".
Une de mes connaissances, âgée de 54 ans souffre depuis 6 ans, par intermittence, du syndrome de Ménière (ses oreilles se mettent à bourdonner, sa tête tourne et elle doit s'asseoir de peur de tomber). Les crises ont commencé après qu'elle eut connu des revers importants dans son ménage et dans sa vie professionnelle.
Son médecin lui a prescrit 8 mgr de Bétaserc, un médicament allopathique qui la soulage aussi longtemps qu'elle continue de le prendre. Mais dès qu'elle vit un gros stress, les symptômes reviennent de plus belle, au point qu'il lui faut maintenant une double dose de Betaserc pour en venir à bout.
Elle ne souhaite pas devoir prendre du Bétaserc à vie, comme plusieurs de ses collègues, et se demande s'il n'y a pas une alternative à ce traitement.
La réponse du Rédacteur:
Il existe, à ma connaissance, autant de thérapies du syndrôme de Ménière que de manières (alternatives ou non) de pratiquer la médecine. Et toutes se vantent d'obtenir des résultats.
Le problème est que ces résultats sont rarement durables. Ils ne se maintiennent que pour autant que la thérapie soit maintenue très longtemps (parfois à vie...). Aussi longtemps que le patient continue de subir les assauts du stress, omniprésent à notre époque.
Je conseillerais donc à cette personne de continuer à prendre son Betaserc - tant qu'il reste efficace. Quitte à chercher, si la médecine "chimique" lui fait peur, une alternative qui lui plaise davantage. Cette alternative ne doit pas toujours être cherchée fort loin, ni coûter fort cher: certaines personnes se sont débarrassées de leur Ménière en ne buvant rien d'autre que du lait battu!
L'idéal serait peut-être qu'elle apprenne à mieux supporter l'inévitable stress. En faisant régulièrement du yoga ou du Tai-chi, par exemple. De sorte qu'elle arrive ainsi à prévenir les crises.
Une dame de 55 ans, qui suit avec moi depuis 4 ans des cours de Qi-gong et de Tai-chi, a été victime, il y a 30 ans, d'un terrible accident de la route. Ecrasée par un camion, on l'a relevée avec de nombreuses fractures aux bras, aux jambes et au thorax. Son pied droit et son petit doigt gauche étaient même complètement arrachés.
Durant son coma, qui a duré plusieurs semaines, on les lui a tellement bien replacés qu'elle a pu réapprendre à s'en servir. Elle a donc pu remarcher avec son pied droit, qui est pourtant resté insensible. Et ses orteils n'ont plus voulue lui obéir.
Du moins jusqu'il y a deux ans. Au cours d'une leçon de Tai-chi, elle a senti tout à coup des fourmillements dans ce pied. Et malgré la vive douleur que cela lui procure, elle a continué depuis a pratiquer le Tai-chi. Et, petit à petit, une sensibilité normale lui est revenue. Et elle commande de mieux en mieux les mouvements de ses orteils.
Mais elle n'est pas la seule à se demander, aujourd'hui, comment ce réveil subit - après 28 ans - peut bien être expliqué. Alors que les fibres nerveuses avaient bel et bien été sectionnées...
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La réponse du Rédacteur:
On sait depuis longtemps que la sensibilité et la motricité volontaire peuvent récupérer après qu'un nerf ait été sectionné. Parfois même assez vite: lorsque les deux bouts sectionnés sont remis par la chirurgie exactement l'un en face de l'autre. Le "contact" se rétablit grâce à la formation de nouveau tissu nerveux autour de la coupure.
Mais une regénération aussi tardive que chez cette dame est infiniment plus rare. Comment expliquer en effet qu'une "cicatrice" nerveuse anatomiquement consolidée et fonctionnellement "morte" donne tout à coup signe de vie après 28 ans?
La médecine académique n'y apporte pas, que je sache, une réponse vraiment satisfaisante. Peut-être parce qu'elle choisit délibérément d'être et de rester aveugle aux forces non matériellement décelables, et - pire encore - non-mesurables, non chiffrables, qui sont - de toute évidence - à l'oeuvre chez les êtres vivants.
Ces forces de vie (elles se retirent en effet après la mort) portent des noms fort différents selon l'école dont se réclame le praticien alternatif qui cherche à les mettre en oeuvre ou à les stimuler.
On parle souvent en Occident, de forces "éthériques", voire même d'un "corps" éthérique, seul perçu (comme une aura colorée) par les "voyants" (personnes douées d'une perception "supra-sensible", ne se limitant pas aux sens physiques que nous possédons tous).
Les Chinois de leur côté, appellent Chi cette énergie vitale, dont ils décrivent, à la surface du corps les lignes invisibles, mais bien réelles, le long desquelles ce Chi "s'écoule". Les points de l'acuponcture se situent par exemple sur de tels "canaux" ou "méridiens" .
En enfonçant une aiguille à l'endroit précis, l'acuponcteur rétablit le flux normal de l'énergie vitale dans un organe malade ou une fonction perturbée. Comment est-ce possible? Et surtout, comment l'expliquer?
La merveilleuse métaphore du Prince Charmant, réveillant d'un baiser la Belle au Bois Dormant de son sommeil centenaire, devrait nous permettre d'appréhender imaginativement ce genre de "miracle". Il s'agit ici aussi d'une sensation vive, intense, mais bien intentionnée, capable de remettre en mouvement le flux interrompu de la conscience, voire de la vie tout court (Blanche-Neige).
Se passe-t-il autre chose dans la neural-thérapie, qui rend à la vie (et à une sensibilité normale) des cicatrices "mortes" ou "vicieuses", déclenchant par là-même des guérisons "miraculeuses" et en tous cas inespérées?
Le Chi-gong et le Tai-chi ne poursuivent pas des buts aussi spectaculaires. Mais ils ne faudrait pas n'y voir qu'une gymnastique douce ou un art martial affadi, à l'usage de personnes moins jeunes... Cette forme orientale de médecine préventive permet en effet à l'énergie vitale (au Chi), grâce à des mouvements de plus en plus fidèlement exécutés, de circuler comme il convient dans le corps tout entier.
"Copier" le mieux possible les mouvements du moniteur de Tai-chi, c'est faire appel à une forme bien particulière de notre conscience: une attention sans défaillance, extraordinairement éveillée, cependant qu'est mise en veilleuse notre "tête", c'est à dire notre penser habituel, qui peut si difficilement s'empêcher de traduire nos expériences pleines de vie en mots vraiment peu vivants. On pourrait parler d'un état "second", comme on peut en rencontrer dans la méditation profonde ou dans la trance hypnotique légère. Le type de conscience qui permet de réaliser - entre autres - une anesthésie opératoire.
J'ai tendance à croire que le Chi-gong et le Tai-chi, grâce à ce type de conscience "modifiée" qu'il induit chez ses élèves, est tout à fait capable de débloquer progressivement - même après plusieurs décades - un obstacle au courant du Chi et à restaurer ainsi la "vie" à cet endroit du corps. Avec pour conséquence possible la regénération d'un tissu nerveux réputé mort depuis longtemps, comme chez votre condisciple.
Le cas de cette dame dont le pied, arraché il y a 30 ans, a commencé à "reprendre conscience" lors d'un cours de Tai-chi, peut nous éclairer sur la nature de ce qu'il est convenu d'appeler la guérison, ce retour à un état physique qui va permettre au malade ou au blessé de réaliser ses objectifs comme avant, ou presque, sans douleur ni impuissance.
Ayant réappris à marcher en se passant de la sensibilité de son pied droit et de la capacité d'en mouvoir volontairement les orteils, on pourrait dire que cette personne avait déjà été considérablement "guérie" grâce aux interventions chirurgicales et la rééducation dont elle avait été l'objet, en son temps. On peut imaginer qu'elle s'était fait une raison de ce "petit" restant d'invalidité.
La volonté de guérir peut difficilement être invoquée ici. Pas plus que l'effet Placébo: personne ne lui avait rien promis, ni même laissé espérer à ce sujet. Point de confiance aveugle donc, ni d'adhésion intellectuelle (de Persuadébo) puisqu'il ne s'agissait pas d'une thérapie et encore moins d'un traitement prescrit.
Le début de la guérison de la sensibilité et de la motricité de ce pied est survenu spontanément. Personne ne s'y attendait. Et pourtant, quelque chose a dû le provoquer, le déclencher, ce début de guérison! Puisqu'il y a eu un effet, il doit bien y avoir une cause.
Comme je l'écrivais, je suis enclin à penser que la cause du déclenchement se trouve dans la rétablissement lent (elle a mis deux ans!) et progressif du courant de Chi qui ne passe plus par son pied. Simple hypothèse, rendue possible par mes croyances, qui ne convaincra que ceux qui les partagent avec moi.
Mais n'en est-il pas de même de toutes les explications que l'on donne après coup une fois la guérison acquise? N'accorde-t-on pas presque toujours la guérison au dernier facteur (prescrit ou non) qui l'a précédée? Ignorant superbement toutes les tentatives antérieures, alors qu'elles ont probablement contribué, sans que cela y paraisse, au résultat final.
Dans le cas particulier qui nous concerne, ce pied arraché n'aurait jamais recouvré sa sensibilité si le chirurgien n'avait pas aussi bien remis, trente ans auparavant, les deux bouts du nerf l'un en face de l'autre. On pourrait dire la même chose de la rééducation motrice qui a nécessairement succédé à l'opération
La Nature semble bien être le seul facteur important de guérison à ne pas avoir joué de rôle décisif dans ce cas-ci. Comme la Belle au Bois Dormant, on dirait qu'elle a attendu passivement l'arrivée du Prince Charmant, en l'occurence du Nième cours de Tai-chi...
Que pouvons-nous en conclure?
Qu'il faut se garder d'attribuer à un seul "facteur" le bénéfice ou la gloire d'avoir joué un rôle déterminant dans la guérison d'une personne concrète.
Les facteurs décisifs sont nombreux et, judicieusement combinés, on peut les amener à se renforcer mutuellement. Pour le plus grand bien de notre patient, ce microcosme unique dont nous cherchons à favoriser et à hâter la guérison.