Je me suis laissé injecter par voie intraveineuse durant plus d'un an, toutes les 3 semaines, une ampoule de TESTOSTERONE, (un endocrinologue ayant constaté dans mon sang trop peu de cette hormone masculine) dans l'espoir de retrouver ma libido, qui avait pratiquement disparu, au grand dam de ma relation de couple.
J'ai 60 ans et ma compagne en a 5 de moins. Tous deux rescapés d'un divorce, nous nous sommes rencontrés il y a 10 ans environ. Conscients dès le début de nos énormes différences sur les plans intellectuel, culturel et spirituel, mais nous sentions par contre unis et solidaires devant nos problèmes communs, surtout d'ordre financier.
Le soutien que nous nous apportions mutuellement nous a amenés, après six mois, à nous mettre en ménage. Mais ma compagne est vite devenue jalouse des liens d'amitié que je continuais d'entretenir avec des amies que j'avais connues après mon divorce.
Après un an et demi de tension devenue insupportable, nous avons décidé de ne plus vivre sous le même toit, tout en restants amants . Nous avons ainsi connu, malgré des hauts et des bas, une relation L.A.T. (= Living Apart Together) sexuellement très satisfaisante.
Mais, voilà qu'il y a 5 ans d'ici, juste avant que mon amie ne se décide à venir habiter sous mon toit, je contracte à deux reprises une prostatite aiguë qui finit par nécessiter mon hospitalisation et la perfusion intraveineuse d'antibiotiques. J'en ai gardé quelques problèmes de miction (ma prostate est probablement hypertrophiée) pour lesquels je nesuis pourtant aucun traitement.
Quoi qu'il en soit, depuis le jour où nous nous sommes remis en ménage, ma libido a tellement diminué que l'érection m'est devenue de plus en plus problématique. Mon amie cherche en vain à m'y "contraindre". Mais lorsque je lui demande de s'y prendre autrement, elle me réplique sèchement que "d'autres hommes y seraient déjà parvenus depuis longtemps!". Ce qui n'arrange rien, bien entendu. Pas plus que le Viagra, d'ailleurs.
En désespoir de cause, nous sommes allés voir, il y a 2 ans, un endocrinologue qui m'a prescrit cette Testostérone intraveineuse qui aurait dû me rendre ma libido dans les 6 à 9 mois. Mais, comme je l'écrivais plus haut, il n'en a rien été, même après plus d'un an. Ayant décidé de commun accord de renoncer à ces injections, le médecin m'a conseillé d'aller voir un psychologue, ce que je n'ai pas encore fait jusqu'à présent.
Au plan sexuel, nous restons donc sur notre faim. Surtout ma compagne bien sûr! Et bien que nous restions aimables et courtois l'un envers l'autre, je me surprends de caresser le rêve d'une relation vraiment harmonieuse avec mon "âme-soeur".
Je serais heureux de connaître votre opinion sur ce sujet qui peut concerner plus d'un de vos lecteurs.
Merci d'avance,
John
Ma réponse à ce sujet
Cher John,
Il n'est pas du tout exceptionnel, ni surprenant, de voir apparaître des problèmes sexuels après une hospitalisation en raison d'une prostatite aiguë récidivante, traitée avec des moyens aussi spectaculaires.
La peur, inconsciente, que des rapports sexuels complets puissent réveiller un tel cauchemar suffit amplement à mettre temporairement l'homme le plus viril au "chômage technique".
La Testostérone n'y peut rien, bien entendu. Ni les paroles d'"encouragement", bien intentionnées certes, mais profondément humiliantes de la partenaire.
Car il s'agit bel et bien d'un traumatisme psychologique. Et c'est psychologiquement qu'il faut en venir à bout. Votre endocrinologue avait tout à fait raison sur ce point.
Il s'agit tout d'abord d'éviter rigoureusement toute situation susceptible de réveiller l'angoisse. L'abstention de tout rapport sexuel est donc de mise, aussi longtemps que la cause inconsciente du traumatisme n'aura pas été traitée efficacement.
C'est-à-dire corrigée (intégrée avant d'être effacée) en quelques séances chez un(e) kinésiologue familier(ère) de la psychologie des profondeurs et formé(e) à la méthode "Three in One"
Votre couple aura ensuite probablement besoin des conseils d'un sexuologue averti, car les "anciennes" manières de faire l'amour risquent fort de réveiller (inconsciemment certes, mais d'autant plus efficacement) les aspects traumatiques de votre sexualité récente. Il y a là, pour votre compagne, un rôle essentiel à jouer.
Votre délicat problème pourrait donc trouver une solution plus rapidement que vous ne le croyez.
2. Aurais-je pratiqué une espèce de "patamédecine"?
Un confrère spécialiste (il est urologue), manifestement doué pour la plume, a publié en 2000 une série d'articles d'une ironie cinglante sous le titre de "Méditations sur l'avenir de la médecine" (Nrs 11,12 en 13).
L'extrait suivant, particulièrement bien "enlevé" en a récemment été cité par le bulletin du syndicat des médecins spécialistes belges.
Imposture des mots:
"Anti- et Patasciences trouvent leur succès dans leur force de persuasion basée sur l'imposture du vocabulaire et le sophisme du raisonnement. Ainsi, insidieusement, le vocabulaire oppose l'oligarchie de la "Big Science" à la démocratie des cultures traditionnelles. L'allopathie traiterait les symptomes tandis que l'homéopathie traiterait les causes, alors qu'en réalité, la situation est exactement l'inverse. La médecine scientifique est chimique et donc polluante, la patamédecine est naturelle, donc, bienfaisante. La pensée scientifique est linéaire, donc limitée, la pensée alternative est complexe, donc ouverte à l'avenir. La science est occidentale, donc colonialiste et dominante, les pensées orientales sont sages, donc réconciliatrices. La science moderne est orthodoxe, donc conservatrice, les patasciences sont alternatives, donc originales. La science est technologique, donc dure, agressive, inhumaine et polluante, les patasciences sont douces, donc en harmonie avec la nature. La science est réductionniste, donc bornée, la patascience est holistique, donc universelle et sacrée. Enfin la patamédecine est douce quand les maladies sont bénignes, elle est complémentaire quand les maladies sont plus sérieuses, elle est alternative quand les maladies sont incurables. Elle est donc omniprésente…."
Je me propose d'y répondre point par point:
Les vocables Antiscience et Patascience ne sont-ils pas eux-mêmes de superbes exemples de cette imposture du vocabulaire que notre confrère veut stigmatiser?
Le premier (Antiscience), totalement ignoré de ceux qui sont censés la pratiquer, cherche à réunir sous la même bannière des personnes d'origine et de formation intellectuelle extraordinairement diverses (certains critiquant les fondements philosophiques du monde scientifique tandis que d'autres s'en prennent essentiellement à ses effets secondaires jugés néfastes), qui n'ont en commun que leur critique de la pensée - totalitaire à leurs yeux - de l'autorité scientifique dominante."
Le second (Patascience) est une allusion littéraire (bien trouvée, il faut l'admettre!) au vocabulaire hilarant au moyen duquel Alfred Jarry réglait ses comptes avec la science officielle de son époque. Tout comme Molière d'ailleurs, qui ne s'en prenait pas du tout aux remèdes - alternatifs - des "bonnes femmes" mais à la fatuité pseudo-intellectuelle des médecins "académiques" de son temps.
"Ainsi, insidieusement, le vocabulaire oppose l'oligarchie de la "Big Science" à la démocratie des cultures traditionnelles."
Il est vrai que la base populaire des critiques de la "Big Science" stigmatise - à juste titre - le comportement "aristocratique" du monde académique: pour y faire carrière, il s'agit de "bien" penser, c'est à dire surtout de penser comme ceux qui se trouvent à son sommet. Mais peut-on parler d'une oligarchie, lorsque toutes les autorités académiques parlent, à peu de choses près, le même langage ?
Les critiques plus "éclairés" de la Big Science n'utilisent certainement pas un tel vocabulaire. Pas plus qu'ils ne croient au caractère "démocratique" de la médecine populaire: la prescription du chamane comme celle de la sorcière moderne est bien plus impérative encore (plus sacrée...) que celle de la Faculté!
"L'allopathie traiterait les symptomes tandis que l'homéopathie traiterait les causes, alors qu'en réalité, la situation est exactement l'inverse."
En est-il bien ainsi? L'homéopathie cherche à traiter les causes au travers des symptômes. Tout comme l'allopathie d'ailleurs.
La différence - essentielle et radicale - réside dans ce que chacune de ces disciplines appelle "cause" ou "symptôme". Sans entrer dans les détails, disons que l'homéopathie cherche davantage la "cause" dans la constitution du malade, alors que l'allopathie l'attibuerait plus volontiers à des facteurs "extérieurs" (alimentaires, microbiens par exemple). Et le "symptôme" homéopathique est bien plus large (songeons au poids des éléments subjectifs) que celui que l'allopathie prend en compte.
"La médecine scientifique est chimique et donc polluante, la patamédecine est naturelle, donc, bienfaisante."
Je crois que personne ne met plus en doute aujourd'hui le caractère potentiellement polluant de la médecine "chimique". Comme, d'ailleurs, celui de l'agriculture du même nom, et au même titre.
Il est tout aussi évident que les médecines naturelles, que notre confrère traite avec tant de mépris de "patamédecines", le sont nettement moins, sinon pas du tout. Même si elles ne sont pas nécessairement "bienfaisantes". Elles peuvent être tout aussi "malfaisantes", iatrogènes que la médecine académique.
"La pensée scientifique est linéaire, donc limitée, la pensée alternative est complexe, donc ouverte à l'avenir."
Je ne pense pas qu'un esprit sensé puisse accuser la pensée scientifique d'être linéaire. Il est bien évident qu'elle est pluridimensionnelle.
Mais la médecine holistique l'est bien davantage encore, car elle ose tenir compte d'éléments subjectifs, voire spirituels, auxquels la "médecine basée sur l'expérience" refuse - contre toute évidence - le statut de réalité "utilisable".
"La science est occidentale, donc colonialiste et dominante, les pensées orientales sont sages, donc réconciliatrices."
Bien que la plupart des médecines alternatives n'aient rien à voir avec la pensée orientale, il faut bien reconnaître que cette dernière a toujours eu un caractère moins analytique, plus globalisant, en un mot plus holistique que celui qui caractérise la médecine occidentale depuis qu'elle a pris pour modèle la vision du monde de Descartes.
Le caractère "impérialiste" de la science officielle n'est probablement pas étranger non plus à l'Europe, son berceau d'origine. Ici aussi, point de salut en dehors de la Religion dominante. Et les "hérésies" comme l'homéopathie doivent être combattues avec toutes les armes disponibles. Et, lorsque les ignorer avec mépris ne suffit pas à arrêter leur progression, il ne faut pas hésiter à les interdire. Ou, faute de mieux, à boycotter leur utilisation par des mesures budgétaires (non-remboursement des prescriptions, voire des prestations elles-mêmes)
"La science moderne est orthodoxe, donc conservatrice, les patasciences sont alternatives, donc originales. "
Il paraît en effet évident à pas mal de gens intelligents que la manière holistique de penser pourrait apporter une bouffée d'oxygène à un monde académique en grande partie étouffé par ses propres oeillères, si l'on me permet cette curieuse métaphore.
"La science est technologique, donc dure, agressive, inhumaine et polluante, les patasciences sont douces, donc en harmonie avec la nature."
Je dirais, quant à moi, que la technologie scientifique moderne est nettement moins douce, moins humaine et plus polluante que les médecines alternatives, généralement plus douces, plus en harmonie avec la nature. Une question de formulation, en quelque sorte. Et de respect pour le contradicteur...
La science est réductionniste, donc bornée, la patascience est holistique, donc universelle et sacrée.
Même remarque: s'il est vrai que la Science réduit ses observations à la seule Evidence matérielle, et que sa vision est forcément bornée par de telles oeillères, il serait tout à fait présomptueux d'accorder à la science holistique un statut d'universalité qu'elle ne revendique d'ailleurs pas. Et encore moins d'en faire l'objet d'un culte!
"Enfin la patamédecine est douce quand les maladies sont bénignes, elle est complémentaire quand les maladies sont plus sérieuses, elle est alternative quand les maladies sont incurables. Elle est donc omniprésente…."
In cauda venenum! Si les coups de griffe ironiques de notre confrère spécialiste relevaient jusqu'ici des préjugés communs à la plupart de membres du corps scientifique, ses dernières assertions font preuve d'une mauvaise information , sinon de l'intoxication pure et simple.
Non. Il n'est pas vrai que la médecine douce ne traite pas les maladies sérieuses, voire incurables. Bien au contraire. Et on le lui reproche suffisamment. Ce qui ne l'empêche nullement d'accepter le rôle modeste de médecine complémentaire lorsqu'une thérapie "académique" se révèle indispensable.
Quoiqu'en pensent ses adversaires, elle a le droit d'être "omniprésente".
Une de mes connaissances, âgée de 54 ans souffre depuis 6 ans, par intermittence, du syndrome de Ménière (ses oreilles se mettent à bourdonner, sa tête tourne et elle doit s'asseoir de peur de tomber). Les crises ont commencé après qu'elle eut connu des revers importants dans son ménage et dans sa vie professionnelle.
Son médecin lui a prescrit 8 mgr de Bétaserc, un médicament allopathique qui la soulage aussi longtemps qu'elle continue de le prendre. Mais dès qu'elle vit un gros stress, les symptômes reviennent de plus belle, au point qu'il lui faut maintenant une double dose de Betaserc pour en venir à bout.
Elle ne souhaite pas devoir prendre du Bétaserc à vie, comme plusieurs de ses collègues, et se demande s'il n'y a pas une alternative à ce traitement.
Ma réponse à cette question
Il existe, à ma connaissance, autant de thérapies du syndrôme de Ménière que de manières (alternatives ou non) de pratiquer la médecine. Et toutes se vantent d'obtenir des résultats.
Le problème est que ces résultats sont rarement durables. Ils ne se maintiennent que pour autant que la thérapie soit maintenue très longtemps (parfois à vie...). Aussi longtemps que le patient continue de subir les assauts du stress, omniprésent à notre époque.
Je conseillerais donc à cette personne de continuer à prendre son Betaserc - tant qu'il reste efficace. Quitte à chercher, si la médecine "chimique" lui fait peur, une alternative qui lui plaise davantage. Cette alternative ne doit pas toujours être cherchée fort loin, ni coûter fort cher: certaines personnes se sont débarrassées de leur Ménière en ne buvant rien d'autre que du lait battu!
L'idéal serait peut-être qu'elle apprenne à mieux supporter l'inévitable stress. En faisant régulièrement du yoga ou du Tai-chi, par exemple. De sorte qu'elle arrive ainsi à prévenir les crises.