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15 juin 2003




1. Quand faut-il des Antibiotiques?
2. Fragilité osseuse
3. Les trois "visages" de la Maladie



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1. Quand faut-il des Antibiotiques?

Une question en provenance de France:
La plupart des médecins "alternatifs" que je connais prescrivent actuellement très rarement des antibiotiques. Il en a toujours été ainsi, que je sache.

Mais les médecins "ordinaires" mettent également leurs patients en garde contre un usage abusif des antibiotiques. Afin de prévenir, disent-ils, l'apparition - par mutation - de souches microbiennes qui leur deviennent résistantes.

S'agirait-il d'un changement radical d'orientation de la part du monde académique médical, changement qui le rapprocherait des conceptions de la médecine alternative?

La réponse du Rédacteur:
Votre question me paraît bien utile. Elle va me permettre de préciser une des différences les plus fondamentales entre la manière dont le monde académique conçoit les maladies infectieuses et celle des praticiens de la plupart des médecines holistiques.

La médecine "orthodoxe" cherche dans une bactérie ou un virus l'agent pathogène specifique d'une affection inflammatoire. L'origine de cet "agresseur" se situant en quelque sorte en dehors du patient. Selon cette conception cet agresseur s'attaquerait à une personne présumée saine jusque là. Et cette conception semble confirmée par le fait bien établi que l'anéantissement, par un antibiotique bien choisi, de ces prétendus agresseurs, conduit assez rapidement à la guérison (fût-elle temporaire) du malade.

Les pratiquants d'une médecine holistique peuvent difficilement partager cette conception assez paranoïde d'une cause externe des maladies infectieuses. L'expérience de toutes les époques a tout de même prouvé à suffisance que les bactéries et les virus font exceptionnellement du tort à des personnes réellement bien portantes.

Les microbes ne s'attaquent en fait qu'aux tissus blessés, malades, affaiblis, comme on n'en rencotre que chez des personnes déjà malades ou chez des blessés mal ou insuffisamment soignés. On peut comparer ces germes à des animaux de proie en liberté: quelle proie choisiront-ils de préférence? la bête malade, blessée ou simplement la plus faible ou la plus fatiguée du troupeau. Ici s'applique l'adage anglais: "the survival of the fittest", la survie du plus "costaud".

Une médecine holistique ne cherchera aucunement à éliminer tous les "lions" de la jungle, mais les laissera accomplir leur bien utile tâche: le "nettoyage" des éléments les moins performants du "troupeau", afin de permettre à la globalité de celui-ci de retrouver ce qu'on pourrait appeler son "immunité" aux prédateurs.

Ce serait une erreur de croire que tout micro-organisme doit être détruit dès qu'il se manifeste à un endroit du corps où il ne devrait pas se trouver. Mais il faut bien sûr veiller à ce qu'il ne dépasse pas le cadre de sa "mission", qui doit se limiter à l'élimination des tissus endommagés (de toute façon "condamnés à mort").

Il s'agit simplement de l'empêcher, lui et ses nombreux congénères, d'aller trop loin, de poursuivre cette tâche au delà de ce qui est nécessaire. De le drainer, c'est à dire de l'encourager à quitter l'organisme aussitôt sa tâche accomplie. Comment cela? En administrant aux tissus endommagés, dès que possible, des médicaments spécifiques ou en prenant toute autre mesure nécessaire à stimuler ou à rétablir leur résistance naturelle (le nettoyage des plaies en est un bon exemple).

Les antibiotiques ne devraient être prescrits que lorsque l'infection est tellement avancée que le renforcement du tissu ou de l'organe affaibli n'est plus possible. En d'autres termes, quand il est trop tard pour traiter la véritable cause de l'inflammation. Ou, bien évidemment, lorsque la vie du patient est en danger.

Il serait criminel de ne pas lui administrer des antibiotiques lorsque ceux-ci représentent sa seule et dernière chance d'en sortir vivant. Les antibiotiques auraient dû se tenir à leur vocation première de sauveteurs des grands blessés et des malades chez qui le traitement de la cause s'est révélé insuffisant.

Je partage la résolution - tout à fait rationelle - de la médecine académique à recourir aux antibiotiques dans les situations vraiment critiques. Mais je ne puis accepter la confusion qu'elle continue de faire (depuis le grand Pasteur?) entre la véritable cause d'une maladie infectieuse (la trop grande faiblesse d'un tissu ou d'un organe) et la conséquence de cette faiblesse: le pullulement à cet endroit de microbes chargés d'en faire le nettoyage.

Les antibiotiques sont prescrits trop souvent aujourd'hui et fort à la légère. Des microorganismes de plus en plus nombreux y deviennent insensibles.

La médecine académique en a maintenant pris conscience. Elle met le public et les médecins en garde contre la grave menace d'une perte d'efficacité des antibiotiques les plus indispensables. J'espère qu'elle ne prendra plus trop de temps à "découvrir" que la véritable cause des maladies infectieuses ne se trouve pas dans les germes prétendument pathogènes, mais dans le malade lui-même.



















2. Fragilité osseuse

Une question en provenance d'Angleterre:
Les médias exhortent ces derniers temps les séniors à consommer davantage de produits laitiers afin de prévenir les fractures dues à l'ostéoporose (n.d.l.r.: décalcification des os).

J'ai dépassé la soixantaine, et ma ménopause est à peu près terminée. Je devrais donc me mettre à consommer le lait et le yaourt que j'ai toujours détestés. Ou alors prendre des comprimés de Calcium.

Que puis-je faire pour y échapper?

La réponse du Rédacteur:
Je partage votre réticence quant aux suppléments de Calcium destinés aux séniors.

Il a été suffisamment prouvé que les bébés et les enfants en bas âge ont besoin de chaux et de soleil (ou, à son défaut, de la quantité adéquate de vitamine D) pour développer un squelette solide et bien formé.

Mais il a été également prouvé que de trop hautes doses de vitamine D peuvent transformer rapidement un petit enfant en un vieillard miniature . La calcification ne se limite donc pas au squelette mais s'en prend également aux artérioles du corps tout entier (et en particulier à celles qui irriguent le coeur et le cerveau). Et elle y développe une véritable artériosclérose précoce...

De tels drames vous feront comprendre mon manque d'enthousiasme pour la calcification des séniors dans le but de contrer l'ostéoporose chez eux! Mais que faire à la place pour prévenir ces stupides fractures, comme celle du col du fémur qui peut nous contraindre si longtemps à une sédentarité forcée? J'ai, dans une réponse précédente parlé d'une alternative au traitement hormonal des inconvénients de la ménopause.

Il n'existe pas encore d'évidence clinique que l'harmonisation globale du système hormonal (et pas seulement celle des hormones sexuelles) puisse protéger chaque femme postménopausique de l'ostéoporose. Bien que la chose ne soit pas exclue.

Que faire donc pour se prémunir des fractures dites spontanées du troisième âge ?

BOUGER ! Mettre CHAQUE muscle et chaque articulation de votre corps EN MOUVEMENT.

Calmement, sans forcer! Mais PROMENEZ-VOUS! Au moins une demi heure par jour. De préférence sur le sol inégal d'un sentier champêtre.

Et suivez chaque semaine une leçon de Taï Chi ou de gymnastique douce. Ou alors faites le ménage: l'entièreté du ménage.

C'est ce que je fais moi-même: une promenade quasi quotidienne dans les bois et une leçon hebdomadaire de Tai Chi. Le ménage n'étant pas vraiment ma tasse de thé, je dois avouer qu'il ne me protégerait à lui tout seul de l'ostéoporose des soi-disant "vieillards"...



















3. Les trois "visages" de la Maladie

Il est important de faire une nette distinction entre "notre expérience personnelle d'ETRE MALADE" et la DENOMINATION que la médecine sdcientifique contemporaine ATTRIBUE à "LA MALADIE" dont elle nous juge atteint. Ces deux expressions décrivent en fait deux aspects bien distincts de la même réalité globale.

ETRE malade est une expérience strictement INDIVIDUELLE. Personne d'autre que nous ne peut en effet éprouver ce qui se passe dans l'intimité de notre corps. Ni de connaître le secret de notre douleur, de notre incapacité, de notre faiblesse.

Le monde extérieur ne peut que VOIR comment la maladie a modifié notre aspect ou notre comportement, et ENTENDRE nos plaintes.

La personne qui nous soigne peut arriver en effet à RESSENTIR ce que nous exprimons par nos plaintes (l'empathie permet de partager - dans une certaine mesure - les sentiments d'autrui). Mais la personne la plus aimante ne pourra jamais EPROUVER DANS SON CORPS notre douleur ou notre incapacité.

Le médecin qui nous examine et donne un nom aux SYMPTOMES que nous lui présentons ne les éprouvera pas davantage. Heureusement pour lui, d'ailleurs.

L'expérience subjective (1), l'écoute empathique (2) et l' observation objective (3) sont trois approches fondamentalement différentes de la maladie.

1. Même le plus "intuitif" de nos proches (l'"âme soeur"...) n'aura jamais accès à NOTRE expérience d'ETRE malade.

2. Le plus "empathique" de nos familiers (la "mère" qui nous soigne...) ne pourra que dans une certaine mesure partager avec nous le ressenti de nos PLAINTES (la condoléance au sens premier du mot).

3. L'étranger le plus compétent (le "Docteur"...) est quant à lui tout à fait en mesure d'évaluer correctement les SYMPTOMES que nous soumettons à son examen attentif.

La médecine académique est fondée sur l'approche n° 3. Les revues médicales sont pleines de rapports détaillés sur les aspects chiffrables de la maladie et de son déroulement. Le médecin d'aujourd'hui est extraordinairement bien formé à la description de tout ce qui est MESURABLE chez son patient.

Mais il est nettement moins exercé à l'utilisation quotidienne du langage interactif de l'approche n° 2 : le DIALOGUE (silencieux ou parlé) où s'expriment les sentiments du patient comme les siens propres . Il s'en décharge - le plus souvent sans l'avouer - sur son infirmière, qui souvent n'en n'a ni le temps, ni parfois même le droit.

Bon nombre d'articles sont publiés au sujet de la "relation médecin-malade", dont l'importance décisive dans le processus de guérison est aujourd'hui universellement reconnue. Mais fort peu de médecins sont, dans la pratique , capables d'établir avec leur patient un dialogue véritablement "thérapeutique", c'est à dire favorisant la guérison.

Et l'approche n° 3 ne retient pas du tout l'attention du monde scientifique. Ne se méfie-t-il pas en effet de la SUBJECTIVITE comme de la peste? Maudite subjectivité! Elle nous fait trop facilement prendre nos rêves pour la réalité et trouble en tous cas la nécessaire sérénité d'une expérimentation digne de ce nom.

MAIS... la réalité de la maladie n'englobe-t-elle pas bien davantage que le "champ d'expérience" bien contrôlable, reproductible, en quelque sorte "aseptique" en dehors duquel la science actuelle refuse de s'aventurer?

Le résultat de cette attitude se traduit dans le curriculum des études médicales: les aspects relationnels sont tout au plus mentionnés et le soin de "guérir la maladie" laissé aux mains de la seule médecine scientifique (l'Evidence Based Medicine: la sacro-sainte EBM).

Et pourquoi pas, pourriez-vous m'objecter? L'EBM a tout de même fait la preuve de son efficacité. C'est vrai, mais pas dans tous les domaines. Elle obtient ses résultats les plus spectaculaires quand il s'agit de sortir le malade ou l'accidenté d'une situation désespérée, de l'empêcher de mourir.

Mais elle a beaucoup plus de mal à soulager sans trop d'effets secondaires la grande masse des malades chroniques: ceux-là même qui sont de plus en plus nombreux à faire appel à des praticiens disposés à les écouter. A des médecins holistiques prêts à tenir compte de leur VOLONTE bien réelle, quoique invisible (et surtout inchiffrable) de GUERIR. A des hommes de science qui ne réduisent donc pas la réalité à ses seules dimensions matérielles et ni la pensée à la seule rationalité.

La maladie, comme toute autre situation a en effet un côté objectif, un côté interactif et un côté subjectif, le moins connu : celui de la souffrance et de l'impuissance dont nous avons parlé dans cet article, mais aussi celui de la VOLONTE bien réelle DE GUERIR sur laquelle nous aurons à revenir ultérieurement.

Ce sont bien là les trois visages de la Réalité.

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