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1er mai 2003




1. Menthe et Homéopathie
2. Le Syndrôme du Côlon irritable
3. Placebo et PERSUADEBO



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1. Menthe et Homéopathie

Une question en provenance des Pays-Bas:
Mon ami vient d'apprendre de son pharmacien, qui lui avait déconseillé une pâte dentifrice au "goût" de menthe, que l'usage de celle-ci est contre-indiqué lors d'une cure homéopathique.

Il avait jusqu'à ce jour là toujours brossé ses dents avec un dentifrice parfumé à la menthe. Il se demande maintenant combien de temps il faudra avant que la dernière trace de menthe ait disparu de son organisme. Que dois-je lui répondre?

La réponse du Rédacteur:
J'ai bien peur qu'il faudra sept années avant que la DERNIERE TRACE de menthe ait disparu du corps de votre ami.

L'expérience homéopathique de ceux qui ont osé "violer" cette règle du brave Hahnemann a cependant démontré que ni la Menthe, ni le Café, ni même l'alcool à dose raisonnable ne perturbent l'action des médicaments homéopathiques. A l'exception notoire de quelques uns d'entre eux, comme Nux Vomica et Lycopodium.

Et même chez ces derniers remèdes sensibles à la Caféine, je n'ai personnellement jamais constaté une diminution d'efficacité ni des effets secondaires indésirables (maux de tête, par exemple) lorsque ces médicaments étaient pris à quelque 6 heures de distance de boissons de type Caféine.

Votre ami peut donc commencer sa cure homéopathique en toute sécurité. Elle agira aussi bien chez lui que chez toute autre personne dépourvue de préjugé négatif à propos de la combinaison menthe-homéopathie.



















2. Le Syndrôme du Côlon irritable

Encore une question en provenance de Belgique:
J'ai depuis des années des problèmes intestinaux. Les examens pratiqués par un spécialiste en médecine interne ont mis en lumière un "côlon irritable",.

J'imagine qu'il ne s'agit pas là d'une "vraie" maladie mais d'une appellation passe-partout, désignant des problèmes intestinaux peu évidents. J'ai appris à les réduire au minimum en faisant fort attention à ce que je mange. Mais le problème reste entier.

Pourriez-vous m'indiquer ce qui pourrait vraiment améliorer cette situation?

La réponse du Rédacteur:
Le côlon irritable est une véritable "bouteille à encre"! Chaque patient semble avoir ses raisons bien particulières d'en souffrir.

C'est pourquoi je pense qu'un Simillimum homéopathique patiemment mis au point par un homéopathe Uniciste, aura le plus de chances de vous aider durablement.

La recherche d'un tel remède peut prendre des mois, voire des années. Mais votre patience peut se voir récompensée par une guérison définitive. Parfois après la prise d'un seul Simillimum.

Mais si, comme la plupart des patients, vous n'avez pas énormément de patience, je vous conseillerais la prise régulière, durant au moins six mois, avant chaque repas, d'une pointe de couteau de Carbo Coffeae (grains de café carbonisés et moulus en poudre). Il s'agit d'un remède anthroposophique polyvalent, destiné à calmer l'irritabilité de vos intestins.

Une seule consultation médicale après trois mois devrait suffire à préciser la meilleure "dilution" homéopathique du produit. Mais même avec ce traitement-ci, il vous faudra un minimum de patience!



















3. Placebo et PERSUADEBO

J'ai décrit, dans un précédent article comment j'en suis arrivé à me convaincre que les dilutions homéopathiques peuvent réellement avoir un effet thérapeutique.

Ma vision théorique déjà élargie de la Réalité se trouvait maintenant étayée par mon expérience personnelle, directe, évidente, d'un "fait", subjectif certes, mais capable de renverser mes préjugés scientifiques les plus solidement enracinés.

Mais le récit de ma "conversion" à la médecine holistique aurait-il suffi à faire prendre conscience à mes collègues universitaires de l'étroitesse de leur vision théorique à propos de la Réalité (vision qui avait été mienne jusqu'alors, notez le bien...)

Certes non! Vous savez à quel point les scientifiques se méfient de tout ce qui a un "relent" de subjectivité. Et ils ont en plus le préjugé bien ancré selon lequel des dilutions homéopathiques, ou des remèdes "de bonne femme" NE PEUVENT avoir aucune action réelle. Pire même: elles n'ont pas le droit d'en avoir! Parce que si elles l'avaient ce "droit", il faudrait remettre en question le paradigme matérialiste-rationaliste admis sans discussion par la quasi entièreté du monde scientifique.

Pourquoi? Parce que ce paradigme dominant est tout à fait incapable de tenir compte de "faits" qui sortent du cadre étroit de l'objectivité. De faits qui échappent à toute mesure, à tout chiffrage, à tout contrôle à grande échelle, à toute reproduction.

Fort peu de scientifiques ont la témérité de s'élancer dans l'abîme de la réalité subjective individuelle. Ils ont la crainte - injustifiée - que ce saut dans l'inconnu les ramène dans un espèce d'obscur Moyen-Age pré-scientifique. Ils refusent donc toute réalité à l'évidence subjective qu'ils qualifient avec condescendance de "pure fantaisie".

Il ne fait aucun doute que mes collègues attribueraient ma "conversion" à une sérieuse diminution de mes capacités intellectuelles, et souriraient de mon récit de la superbe guérison de mes écorchures, y voyant un exemple typique de l'effet Placebo. Vous connaissez ce mot latin qui signifie "Je (vous) plairai".

Et ils n'auraient pas tort! Au sujet du seul l'effet Placebo, bien entendu! Il est vrai que ces remèdes inusités "me plaisaient", dans la mesure où je faisais totalement confiance au confrère holistique qui me les prescrivait en me promettant une prompte guérison.

Mais j'étais habité également par un PREJUGE POSITIF: mon esprit était convaincu par avance de l'efficacité POSSIBLE de médicaments alternatifs. Ce qui n'est certainement pas le cas de la majorité de mes éminents collègues. Il y avait chez moi donc bien plus qu'une confiance "aveugle" (PLACEBO) que les médicaments prescrits conduiraient à ma prompte guérison.

Aveugle, je ne l'étais d'aucune façon. J'aspirais consciemment, bien au contraire, à une confirmation de ma toute nouvelle "foi" en l'efficacité possible (pensable) des médications alternatives.

Les esprits critiques, comme mes collègues à l'Université - et j'en suis un moi aussi - EXIGENT une explication SATISFAISANTE pour l'esprit de la manière dont quelque chose se passe. Une explication qui rime avec leurs convictions théoriques sur ce qui PEUT agir et ce qui ne le PEUT pas.

Nous savons qu'environ un patient sur trois (moins critique que nous, il est vrai) SE SENT déjà mieux après la prise - en toute confiance - d'un Placebo (un produit qui a l'air d'être un médicament, mais qui ne contient aucune substance active).

Il ne se pose aucune question sur les propriétés du soi-disant médicament que son médecin lui a prescrit. Il n'éprouve nul besoin de COMPRENDRE comment ce "médicament" peut bien agir. Il lui PLAÎT, un point c'est tout.

Un Placebo est donc quelque chose de très différent du PERSUADEBO (en latin: "je (vous) persuaderai"), que des patients de plus en plus nombreux se mettent à exiger de leur médecin comme CONDITION de leur collaboration loyale au traitement prescrit (que les Anglo-Saxons désignent sous le nom de "compliance").

Mais il peut arriver également qu'un patient découvre, en cours de route, que son soi-disant médicament est en réalité un PLACEBO, un faux médicament. L'effet Placebo pour autant qu'il était présent, disparaît alors abruptement: il est neutralisé sur le champ, anéanti par un puissant Persuadebo négatif (en l'occurence: "Sois persuadé qu'une telle chimère ne PEUT certainement PAS t'aider à guérir).

J'en ai fait la douloureuse expérience avec un de mes patients. C'était en fait un ami plus qu'un patient.

Tendu et déprimé ces derniers mois, il doute de l'efficacité des médicaments allopathiques que son médecin de famille lui a prescrits.

Je lui conseille alors de prendre - en plus de son traitement allopathique - quelques gouttes d'un flacon à base de remèdes floraux du Dr Bach, soigneusement choisis en fonction de son état psychique. Je crois me souvenir qu'il s'agissait de PINE, GORSE et de MUSTARD. Il se sent très rapidement mieux et diminue de son propre chef la quantité, somme toute élevée, de ses médicaments allopathiques. Tout va ainsi nettement mieux pendant un mois ou deux.

Jusqu'au jour néfaste où ce intellectuel brillant mais rebelle à toute "mystique" me demande tout à coup de bien lui expliquer comment ces gouttes miraculeuses peuvent bien agir. Et, moi, imbécile, je lui explique en long et en large que les remèdes de Bach ont une action essentiellement spirituelle, que presque aucune substantialité matérielle n'y intervient.

Le résultat immédiat de cette "explication" est que mes gouttes cessent d'agir sur le champ , comme il me l'apprendra lors de son rendez-vous suivant (et dernier...). Car j'apprends quelques semaines plus tard qu'il est décédé des suites d'un suicide "réussi".

Il est évident que je n'aurais JAMAIS dû lui raconter une TELLE vérité Une vérité que ses opinions philosophiques les plus profondes l'obligeaient à récuser catégoriquement. Une vérité qui était mienne, mais qu'il ne pouvait en aucun cas partager.

Mon intimité avec lui m'avait fait oublier pour un moment mon devoir absolu de construire AVEC LUI une vérité commune.

La seule conséquence positive de cette tragique erreur est qu'elle m'a crûment révélé l'existence et l'importance du Persuadebo NEGATIF, capable d'annihiler non seulement le Placebo le plus puissant, mais même l'efficacité que l'on peut attendre de la plupart des médicaments.

Et, a contrario, l'importance insoupçonnée jusque là, du Persuadebo POSITIF sur la "compliance" du patient, c'est-à-dire sur sa loyauté dans la prise de ses médicaments et en conséquence sur le résultat thérapeutique que l'on peut en attendre.




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