"QUACK FREE HOLISTIC newsletter"
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15 mars 2003



1. Mon opinion sur la Vérité
2. Une question au sujet de l'Enurésie
3. Ma "conversion" à la médecine holistique.



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1. Mon opinion sur la Vérité!

Quelle vérité souhaite entendre un patient de la part de son médecin?

Tout simplement: une description crédible de ce qui l'attend. Et surtout une explication - qu'il puisse accepter - de l'inquiétante aggravation de son état. Une explication avec laquelle il puisse vivre, qu'elle puisse en définitive "avaler", aussi amère soit elle.

Mais il attend une vérité en laquelle son médecin croit aussi, sincèrement. Une vérité en laquelle ils puissent croire tous deux afin de se mettre ensemble à l'ouvrage qui reste à accomplir.

Cela signifierait-il que la vérité médicale ne serait rien d'autre qu'une fable convenue à laquelle les deux parties ont choisi de croire? Dans la mesure où ils se font AUJOURD'HUI mutuellement confiance? Mais qui DEMAIN aura peut-être fait place à une AUTRE vérité partagée, elle aussi.

La vérité, qui pour moi est toujours partagée - est comme un être vivant: elle naît, s'installe, "se maintient" un certain temps pour finir par mourir, par disparaître...

Il en va de même de tous les sentiments que nous éprouvons vis-à-vis d'autrui. Leur existence est également limitée par la durée de notre relation - pas nécessairement concrète, d'ailleurs - avec cette "personne".

Suis-je en train d'affirmer qu'il n'existe aucune autre vérité humaine que celle-là?

Mais oui, telle est ma conviction. La vérité est selon moi une réalité sociale, interpersonnelle. Un secret entre "vous" et "moi". Un secret dans lequel nous croyons tous deux. Ici et maintenant.

Et ce "vous" ne doit pas être nécessairement une personne en chair et en os. Il peut s'agir de Dieu, de la Nature, de la Raison, de la Providence, de la Bible ou du Coran. Pourvu que je confirme, à mon "usage" personnel l'existence de ce "vous" en lui parlant, en lui faisant confiance, en "croyant" en lui.

La Vérité est en somme un article de foi, de confiance. Donc une réalité qui ne peut jamais être prouvée objectivement.

Mais une réalité capitale, immensément précieuse quoique fragile: elle peut avoir disparu aussi vite que la confiance sur laquelle elle se basait.

L'Histoire des Sciences est d'ailleurs un cimetière de vérités périmées. Ces respectables "articles de foi" d'antan ont été dégradés au rang de "naïves conceptions d'une Humanité encore bien primitive". Comme celle de Ptolémée. Vous vous souvenez? Le "pauvre" croyait encore que la Terre était le centre de l'univers!

Certains "esprits forts" de notre époque vont jusqu'à considérer l'ensemble des révélations religieuses comme de simples contes moralisateurs pour enfants en bas âge...

Songez, dans un autre ordre d'idées, combien il peut nous être difficile d'évoquer de manière vivante le sentiment d'amour que nous avons pu éprouver jadis pour une personne que nous méprisons aujourd'hui.

En avons-nous été moins amoureux pour autant? Non. Notre amour était véritable, il était alors pour nous une réalité de première grandeur. A cette époque là...

Je voudrais donc proposer une nouvelle définition du concept de vérité : "Ce que les partenaires d'une relation choisissent de croire aussi longtemps que durera leur confiance mutuelle". Ils seront SEULS à y croire (dur comme fer, même!), comme ils seront seuls à pouvoir en témoigner.

La vérité n'a donc, selon moi, rien à voir avec une quelconque réalité universelle ou éternelle. Ni avec l'objectivité. Ni avec les "faits", devant lesquels même un Lord Maire doit s'incliner, selon le proverbe... Ces FAITS objectifs, seuls à être jugés dignes d'intérêt par la Science moderne. Ces faits qu'elle veut pouvoir contrôler, vérifier, mesurer, traduire en formules mathématiques, analyser et répéter à souhait.

Il n'est nullement nécessaire de croire pour arriver à la certitude concernant un fait. Il suffit d'en vérifier l'existence.

Les faits ne peuvent être "vrais" ni "faux". Ils SONT, tout simplement, en dehors de notre personne et de ses aspirations, attendant simplement que la Science vienne les sortir de leur oubli en leur donnant un nom, une signification, sinon une explication.

Dénomination, signification qui ne coïncide nullement avec le "fait" qu'elle désigne. Elle ne reflète que l'opinion de la Science de l'époque au sujet du "fait" en question. Par exemple "La Terre est plate" ou "elle est entourée de sphères concentriques" ...

Plusieurs théories et axiomes scientifiques ont actuellement pris, dans la croyance populaire, la place qu'occupaient jadis les dogmes de l'Eglise. Il s'agit même d'affirmer sa "foi" dans les paradigmes (croyance de base, non démontrable, concernant ce qui est considéré comme réel) de la Science matérialiste actuelle, si l'on veut espérer faire carrière dans le monde académique. Ou se voir publier par une revue scientifique "sérieuse".

Ce ne sont plus les Eglises, mais l'intelligentsia académique qui nous "martèle" depuis notre plus jeune âge les vérités que nous "faisons bien" d'admettre sans discussion si nous voulons éviter d'entrer en conflit avec l'Autorité spirituelle de notre époque.

Les paradigmes de la Science moderne nous sont présentés comme EVIDENTS, comme VRAIS. Et ils le sont en effet, POUR CEUX QUI Y CROIENT.

Et ils le resteront tant que de nouvelles découvertes ne les auront pas balayés, et remplacés par une nouvelle "croyance officielle", condamnée elle aussi, bien entendu à être détrônée tôt ou tard.

Vouys vous demandez peut-être pourquoi j'insiste aussi lourdement sur le caractère TEMPORAIRE des dogmes et axiomes de la Science?

Tout simplement parce que la conception holistique de la réalité (donc aussi de la médecine) se base sur un paradigme bien plus large que celui de la majorité des scientifiques contemporains.

Mais cela suffit amplement pour aujourd'hui, si vous avez eu la patience de me lire jusqu'ici...

Je vous reparlerai certainement de ce sujet qui me passionne.




















2. Une question au sujet de l'Enurésie

Encore une question en provenance de Belgique:
"Une question au sujet de l'énurésie : une petite fille de 5 1/2 ans fait pipi dans sa culotte le jour et la nuit.

Il ne s'agit pas d'un problème mécanique puisque parfois, il lui arrive d'être propre ou de mouiller un fois sa culotte le jour ou la nuit pendant un jour, parfois 2, ses parents ne comprennent pas pourquoi.

Chez sa grand-mère maternelle, elle est propre, mais la grand-mère, personne autoritaire, lui demande régulièrement si elle doit aller à la toilette.

Pourquoi et que faire?"

La réponse du Rédacteur:
Je crois qu'il y aurait intérêt pour les parents à "modéliser" le comportement de la grand'mère envers la petite. Sans se laisser impressionner par la connotation négative de l'étiquette "autoritaire".

L'autorité est une bonne chose quand on n'en abuse pas.  Même si on en a gardé un mauvais souvenir.  Lorsqu'ils sont devenus parents eux-mêmes, les enfants ont souvent tendance à adopter une méthode d'éducation opposée à celle de leurs parents.

Et ce n'est pas parce qu'ils ont l'impression "qu'elle exagère", que la grand'mère exagère vraiment dans son attente, somme toute justifiée, que la petite devienne enfin "propre".  Finalement, c'est aussi ce que souhaite la gamine, même si inconsciemment, elle fait peut-être en sorte de rester le petit bébé de ses parents.  Comme eux aussi, tout aussi inconsciemment d'ailleurs, craignent peut-être qu'elle ne grandisse trop vite...

Bref: il s'agit de bien observer et de comprendre pourquoi, quand et surtout COMMENT la petite parvient à rester propre. Et de reproduire ces conditions favorables jusqu'à ce que la propreté soit devenue une habitude pour elle.

Si les parents n'y arrivent pas, il ya toujours les psy.  Et, pourquoi pas commencer par les kinésiologues.  Il y en a probablement d'excellents dans votre région.



















3. Ma "conversion" à la médecine holistique

Vous vous souvenez peut-être que j'ai attribué, dans un précédent article, ma curiosité pour la médecine holistique - au début des années septante - à l'engouement manifesté par certains de mes patients pour les thérapies non-conventionnelles.

Une partie non négligeable de l'"intelligentsia" anversoise s'était mise à manger "bio" et à dévorer des livres qui vantaient la qualité des produits agricoles obtenus au moyen des "anciennes" méthodes de culture (pas de pesticides ni d'engrais de synthèse) et chantaient les louanges des herbes médicinales qu'utilisaient encore nos arrière-grand-mères. Et ces intellectuels se mettaient à la phytothérapie, les premiers surpris qu'elle agisse si bien.

Le monde académique auquel j'appartenais "réagissait" par un silence condescendant à l'émergence du paradigme holistique naissant. Je dois avouer que j'étais moi-même un de ces "esprits forts" qui souriaient de la crédulité de nos concitoyens devant de telles "balivernes". On peut donc s'étonner que j'aie pu renier ma foi bien ancrée dans le mode de pensée du monde scientifique (basé sur l'évidence matérielle chiffrée) pour me "laisser aller" à pratiquer un "charlatanisme" unanimement décrié par mes pairs.

Qu'est ce qui m'a donné le cran de me lancer dans cet abîme intellectuel qui effraie encore - 30 ans après - tant de mes estimés collègues? Comment ai-je osé renoncer au roc solide du matérialisme scientifique?

Je crois que tout a commencé avec la fin - au bout de sept longues années - de ma psychanalyse personnelle. Elle m'avait démontré l'énorme force de l'irrationalité dans le comportement humain (à commencer par le mien!)

C'est alors que j'ai découvert l'Anthroposophie: fondement philosophique de l'école Steiner dont mes enfants étaient les élèves si enthousiastes. Et mon horizon intellectuel s'est bientôt élargi aux aspects extra-sensoriels de la réalité.

Fasciné par les superbes - et bien tangibles - résultats de ce système pédagogique, je décidai de "tester" d'autres domaines qui se réclamaient de Rudolf Steiner. Et ce dans des disciplines que j'avais étudiées à l'Université: la biologie, la psychologie et la médecine.

Ce furent les premiers ouvrages du professeur et anthroposophe autrichien O. J. Hartmann, et en particulier sa "Menschenkunde" (Otto Julius Hartmann: Menschenkunde. Die Physiognomik der Lebenserscheinungen als Grundlage einer erweiterten Medizin. Frankfurt am Main: Klostermann 1941, 3. ed. 1979.) et sa "Dynamische Morphologie" qui me convainquirent intellectuellement de la pertinence de la conception steinérienne des sciences naturelles. Ces ouvrages n'étant pas encore traduits à l'époque, ce sont eux qui étoffèrent mon premier vocabulaire scientifique allemand !

La constante qualité et surtout le goût délicieux des produits de l'agriculture bio-dynamique (son lait, son pain, ses légumes en particulier) ont bien sûr également contribué à surmonter mon scepticisme initial.

Mais la médecine anthroposophique parviendrait-elle à me convaincre de son efficacité sur le terrain? Mon esprit "scientifique" n'était pas du tout préparé à admettre que des dilutions homéopathiques puissent modifier quoique ce soit à la structure matérielle du corps humain, comme l'affirmait de manière si convaincante le professeur Hartmann!

Comme Saint Thomas, je voulais des preuves : la fameuse Evidence dont se délectent les Américains et sur laquelle doit se baser toute médecine, si elle veut être crédible.

La première preuve m'en serait fournie lors du premier séminaire anthroposophique auquel je me sois inscrit de toute ma vie. Il se déroulait à Hepsisau en Allemagne et devait durer trois jours.

Juste après mon arrivée, avant d'avoir pu assister à la moindre conférence, me voilà cloué au lit par une fièvre de cheval. C'était la grippe, et le médecin anthroposophique de l'Institut où se déroulait le séminaire, après m'avoir interdit de me lever, m'ordonna de prendre toutes les demi-heures (ou en tous cas chaque fois que je me réveillerais du fait de ma torpeur fébrile) une dizaine de gouttes d'une préparation de médecine anthroposophique à base de produits homéopathiquement dilués et dynamisés.

L'INFLUDO de la firme Weleda avait ainsi remplacé au pied levé les aspirines que je n'aurais pas manqué de prendre si je n'avais pas été aussi dépendant, du fait de ma faiblesse physique, de l'autorité du praticien local. L'effet en a été immédiat: je me suis mis aussitôt à suer comme un boeuf et à dormir presque nuit et jour, cependant que ma fièvre tombait graduellement.

De sorte que j'ai pu assister - en flageolant - à la séance de clôture du séminaire avant d'être "rapatrié" sur le siège arrière de la voiture d'un confrère belge qui m'évita ainsi la fatigue inutile d'un retour en train.

Cette expérience-choc m'a convaincu pour le restant de mes jours que des doses homéopathiques étaient non seulement efficaces, mais "accompagnaient" de manière douce - au lieu de la supprimer brutalement - la fièvre de cheval qui devait rapidement venir à bout de mes virus grippaux.

Mais je devais encore recevoir une deuxième leçon avant d'être définitivement convaincu qu'une thérapeutique alternative peut à l'occasion surpasser un traitement conventionnel.

Je m'étais coupé à la main gauche, quelques semaines plus tard. Ce n'était certes pas une blessure grave, mais elle me faisait mal après que j'aie arrêté la petite hémorragie et nettoyé ma plaie à l'eau du robinet.

Fort des instructions de mon aimable "mentor" hollandais en médecine anthroposophique, je m'abstins de désinfecter la plaie, ce que j'avais toujours considéré comme indispensable jusque là. Et je me contentai d'appliquer directement sur la coupure un petit peu d'onguent vulnéraire anthroposophique, qui soulagea immédiatement ma douleur.

Une légère douleur refit son apparition quelques heures plus tard, quand je voulus me laver les mains, mais la plaie, à ma grande stupéfaction, présentait déjà les signes évidents d'un début de guérison. Chaque fois que j'avais à me laver les mains, j'appliquais à nouveau un peu de cet onguent. Et constatais la fulgurante guérison de ma plaie, sans la moindre croûte, ni cicatrice.

Cela vous paraîtra peut-être ridicule, cher lecteur, mais cette prestation inattendue d'un onguent à base des mêmes herbes médicinales qu'utilisaient nos ancêtres du Moyen-Age, a été pour moi l'Evidence décisive dont j'avais besoin pour être définitivement "converti" à la supériorité d'une conception holistique de la médecine .




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