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1er mars 2004



1. Un pied mort reprend vie après 28 ans
2. Quel facteur déclenche finalement la guérison?
3. Une Question au sujet des Fibromes



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1. Un pied mort reprend vie après 28 ans


Une dame de 55 ans, qui suit avec moi depuis 4 ans des cours de Qi-gong et de Tai-chi, a été victime, il y a 30 ans, d'un terrible accident de la route. Ecrasée par un camion, on l'a relevée avec de nombreuses fractures aux bras, aux jambes et au thorax. Son pied droit et son petit doigt gauche étaient même complètement arrachés.

Durant son coma, qui a duré plusieurs semaines, on les lui a tellement bien replacés qu'elle a pu réapprendre à s'en servir. Elle a donc pu remarcher avec son pied droit, qui est pourtant resté insensible. Et ses orteils n'ont plus voulue lui obéir.

Du moins jusqu'il y a deux ans. Au cours d'une leçon de Tai-chi, elle a senti tout à coup des fourmillements dans ce pied. Et malgré la vive douleur que cela lui procure, elle a continué depuis a pratiquer le Tai-chi. Et, petit à petit, une sensibilité normale lui est revenue. Et elle commande de mieux en mieux les mouvements de ses orteils.

Mais elle n'est pas la seule à se demander, aujourd'hui, comment ce réveil subit - après 28 ans - peut bien être expliqué. Alors que les fibres nerveuses avaient bel et bien été sectionnées...


Ma réponse à cette question
On sait depuis longtemps que la sensibilité et la motricité volontaire peuvent récupérer après qu'un nerf ait été sectionné. Parfois même assez vite: lorsque les deux bouts sectionnés sont remis par la chirurgie exactement l'un en face de l'autre. Le "contact" se rétablit grâce à la formation de nouveau tissu nerveux autour de la coupure.

Mais une regénération aussi tardive que chez cette dame est infiniment plus rare. Comment expliquer en effet qu'une "cicatrice" nerveuse anatomiquement consolidée et fonctionnellement "morte" donne tout à coup signe de vie après 28 ans?

La médecine académique n'y apporte pas, que je sache, une réponse vraiment satisfaisante. Peut-être parce qu'elle choisit délibérément d'être et de rester aveugle aux forces non matériellement décelables, et - pire encore - non-mesurables, non chiffrables, qui sont - de toute évidence - à l'oeuvre chez les êtres vivants.

Ces forces de vie (elles se retirent en effet après la mort) portent des noms fort différents selon l'école dont se réclame le praticien alternatif qui cherche à les mettre en oeuvre ou à les stimuler.

On parle souvent en Occident, de forces "éthériques", voire même d'un "corps" éthérique, seul perçu (comme une aura colorée) par les "voyants" (personnes douées d'une perception "supra-sensible", ne se limitant pas aux sens physiques que nous possédons tous).

Les Chinois de leur côté, appellent Chi cette énergie vitale, dont ils décrivent, à la surface du corps les lignes invisibles, mais bien réelles, le long desquelles ce Chi "s'écoule". Les points de l'acuponcture se situent par exemple sur de tels "canaux" ou "méridiens" .

En enfonçant une aiguille à l'endroit précis, l'acuponcteur rétablit le flux normal de l'énergie vitale dans un organe malade ou une fonction perturbée. Comment est-ce possible? Et surtout, comment l'expliquer?

La merveilleuse métaphore du Prince Charmant, réveillant d'un baiser la Belle au Bois Dormant de son sommeil centenaire, devrait nous permettre d'appréhender imaginativement ce genre de "miracle". Il s'agit ici aussi d'une sensation vive, intense, mais bien intentionnée, capable de remettre en mouvement le flux interrompu de la conscience, voire de la vie tout court (Blanche-Neige).

Se passe-t-il autre chose dans la neural-thérapie, qui rend à la vie (et à une sensibilité normale) des cicatrices "mortes" ou "vicieuses", déclenchant par là-même des guérisons "miraculeuses" et en tous cas inespérées?

Le Chi-gong et le Tai-chi ne poursuivent pas des buts aussi spectaculaires. Mais ils ne faudrait pas n'y voir qu'une gymnastique douce ou un art martial affadi, à l'usage de personnes moins jeunes... Cette forme orientale de médecine préventive permet en effet à l'énergie vitale (au Chi), grâce à des mouvements de plus en plus fidèlement exécutés, de circuler comme il convient dans le corps tout entier.

"Copier" le mieux possible les mouvements du moniteur de Tai-chi, c'est faire appel à une forme bien particulière de notre conscience: une attention sans défaillance, extraordinairement éveillée, cependant qu'est mise en veilleuse notre "tête", c'est à dire notre penser habituel, qui peut si difficilement s'empêcher de traduire nos expériences pleines de vie en mots vraiment peu vivants. On pourrait parler d'un état "second", comme on peut en rencontrer dans la méditation profonde ou dans la trance hypnotique légère. Le type de conscience qui permet de réaliser - entre autres - une anesthésie opératoire.

J'ai tendance à croire que le Chi-gong et le Tai-chi, grâce à ce type de conscience "modifiée" qu'il induit chez ses élèves, est tout à fait capable de débloquer progressivement - même après plusieurs décades - un obstacle au courant du Chi et à restaurer ainsi la "vie" à cet endroit du corps. Avec pour conséquence possible la regénération d'un tissu nerveux réputé mort depuis longtemps, comme chez votre condisciple.
















2. Quel facteur déclenche finalement la guérison?

Le cas de cette dame dont le pied, arraché il y a 30 ans, a commencé à "reprendre conscience" lors d'un cours de Tai-chi, peut nous éclairer sur la nature de ce qu'il est convenu d'appeler la guérison, ce retour à un état physique qui va permettre au malade ou au blessé de réaliser ses objectifs comme avant, ou presque, sans douleur ni impuissance.

Ayant réappris à marcher en se passant de la sensibilité de son pied droit et de la capacité d'en mouvoir volontairement les orteils, on pourrait dire que cette personne avait déjà été considérablement "guérie" grâce aux interventions chirurgicales et la rééducation dont elle avait été l'objet, en son temps. On peut imaginer qu'elle s'était fait une raison de ce "petit" restant d'invalidité.

La volonté de guérir peut difficilement être invoquée ici. Pas plus que l'effet Placébo: personne ne lui avait rien promis, ni même laissé espérer à ce sujet. Point de confiance aveugle donc, ni d'adhésion intellectuelle (de Persuadébo) puisqu'il ne s'agissait pas d'une thérapie et encore moins d'un traitement prescrit.

Le début de la guérison de la sensibilité et de la motricité de ce pied est survenu spontanément. Personne ne s'y attendait. Et pourtant, quelque chose a dû le provoquer, le déclencher, ce début de guérison! Puisqu'il y a eu un effet, il doit bien y avoir une cause.

Comme je l'écrivais, je suis enclin à penser que la cause du déclenchement se trouve dans la rétablissement lent (elle a mis deux ans!) et progressif du courant de Chi qui ne passe plus par son pied. Simple hypothèse, rendue possible par mes croyances, qui ne convaincra que ceux qui les partagent avec moi.

Mais n'en est-il pas de même de toutes les explications que l'on donne après coup une fois la guérison acquise? N'accorde-t-on pas presque toujours la guérison au dernier facteur (prescrit ou non) qui l'a précédée? Ignorant superbement toutes les tentatives antérieures, alors qu'elles ont probablement contribué, sans que cela y paraisse, au résultat final.

Dans le cas particulier qui nous concerne, ce pied arraché n'aurait jamais recouvré sa sensibilité si le chirurgien n'avait pas aussi bien remis, trente ans auparavant, les deux bouts du nerf l'un en face de l'autre. On pourrait dire la même chose de la rééducation motrice qui a nécessairement succédé à l'opération

La Nature semble bien être le seul facteur important de guérison à ne pas avoir joué de rôle décisif dans ce cas-ci. Comme la Belle au Bois Dormant, on dirait qu'elle a attendu passivement l'arrivée du Prince Charmant, en l'occurence du Nième cours de Tai-chi...

Que pouvons-nous en conclure?

Qu'il faut se garder d'attribuer à un seul "facteur" le bénéfice ou la gloire d'avoir joué un rôle déterminant dans la guérison d'une personne concrète.
Les facteurs décisifs sont nombreux et, judicieusement combinés, on peut les amener à se renforcer mutuellement. Pour le plus grand bien de notre patient, ce microcosme unique dont nous cherchons à favoriser et à hâter la guérison.















3. Une Question au sujet des Fibromes

Un cas précis : deux petits fibromes de l'utérus n'évoluent pas durant plusieurs années. La personne recommence alors de prendre la pilule. Quatre 4 mois plus tard, apparaît un nouveau fibrome (gros, cette fois), qui se développe assez rapidement. Un traitement hormonal ne pouvant espérer en arrêter la croissance, il lui est enlevé chirurgicalement, la matrice restant en place.

Cinq ans plus tard (2 ans de pilule puis 3 années sans), apparaît un nouveau fibrome. Les deux petits fibromes du début sont toujours là et ne semblent pas avoir évolué.

Que faire, en homéopathie, ... voire en allopathie pour faire disparaître ce dernier fibrome sans opération?

Ma réponse à propos des Fibromes
Ne connaissant pas l'âge de la patiente, ni le type de "pilule" qu'elle a prise, il m'est difficile de donner une réponse précise. D'autant moins que mes connaissances en gynécologie se sont peu étoffées depuis que j'ai passé un examen dans cette branche, il y plus de cinquante ans déjà!

Le point de vue actuel de la gynécologie "académique" sur les fibromes utérins me semble clairement exposé à cette adresse web-ci.

Je crois néanmoins que cette personne a de bonnes raisons de se méfier des traitements hormonaux, et de la pilule en particulier.

Comme il se peut que la progression (probablement rapide à nouveau) de son nouveau fibrome ne laisse pas le temps à une thérapie alternative de produire ses effets, il faut s'attendre à ce qu'elle doive être opérée à nouveau, peut-être même plus radicalement que la première fois.

Si elle échappe à l'hystérectomie totale, et conserve donc ce qui lui reste de sa matrice, elle aurait intérêt, selon moi, à éviter tout traitement hormonal: il ne faut pas "réveiller un chien endormi".

Elle pourrait aussi recourir à un médicament alternatif que j'ai prescrit jadis sous forme d'injections sous-cutanées hebdomadaires: le Berberis-Uterus compositum de la firme allemande Wala. Cette judicieuse combinaison d'organothérapie et d'homéopathie anthroposophiques a permis à plusieurs de mes patientes d'échapper à l'opération. Ou, en tous cas de la reculer de nombreuses années.

Ce médicament faisant partie de la panoplie des praticiens de la médecine anthroposophique, je déconseillerais donc de se les "faire prescrire" par un praticien sans aucune expérience de ce type de médecine holistique.

J'ai toujours exigé de mes patientes sous Berberis-Uterus qu'elles se soumettent au contrôle régulier de leur gynécologue, même quand ce dernier ne comprenait pas mon choix thérapeutique, voire le désapprouvait carrément. Certaines d'entre elles ont dû changer de gynécologue pour pouvoir se plier à mon souhait...

Mais, ne généralisons pas: certains gynécologues ont moins d'oeillères que d'autres. L'une d'entre eux, tout en gardant ses convictions "académiques", a même jadis suivi avec intérêt la régression de gros fibromes chez certaines de mes patientes, se réjouissant de ne pas avoir à les opérer...

Mais abstenons-nous nous-mêmes de toute généralisation. Il n'existe pas de remède-miracle, valable dans tous les cas. Surtout pas en médecine holistique, où chaque patiente est unique et a le droit d'exiger d'être traitée comme telle.


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