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15 septembre 2003



1. La Candidose
2. L'Arthrite
3. Guérir ou (re)devenir complet?



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1. La Candidose...

Une question en provenance de Flandre:
J'ai 23 ans, et souffre depuis trois ans de Candidose. J'ai essayé sans succès des tas de traitements.

Les symptômes en sont: d'abondantes pertes vaginales blanches, glaireuses, granuleuses ainsi que des glaires filandreuses dans la bouche. Ma langue présente parfois des zones dénudées et mon haleine sent alors la paille moisie. Il fut un temps aussi où j'avais pas mal de crampes dans le ventre. Aujourd'hui encore, mes selles ne sont pas comme elles devraient être.

Il se peut que mon organisme ait été affaibli par les nombreuses cures d'antibiotiques que j'ai reçues dans mon enfance. Ainsi que par les nombreuses difficultés émotionnelles que j'ai connues.

Lorsque la Candidose a commencé à me jouer des tours, mon médecin a voulu me prescrire des antibiotiques. Je les ai refusés et m'en suis tenue tout un temps à un régime sans lait, sans viande, sans levure, sans café ni alcool.

J'ai attrapé alors des problèmes de dos, que j'ai pu résoudre par la chiropraxie et l'ostéopathie. Mon ostéopathe attribuait les maux au stress actuel et aux antibiotiques de mon enfance.

J'ai essayé aussi diverses thérapies alternatives comme l'électro-acuponcture, l'homéopathie, la médecine orthomoléculaire et des cures de vitamines Ainsi que pas mal d'herbes médicinales qui auraient dû me débarasser de mes Candidas... Peine perdue, comme celle consacrée aux pensées positives que je dirigeais vers mon bas ventre.

La seule chose qui agit finalement, c'est d'aller en vacances en Méditerrannée. Alors je peux manger ce que je veux sans éprouver de symptômes de Candidose. Au début j'ai cru que c'était le climat chaud, mais j'ai dû déchanter: il a fait très chaud chez nous également et mes symptômes ont réapparu. Il faut dire qu'en vacances je suivais un cours de yoga et que je m'occupais donc consciemment de mon corps. J'avais aussi la chance fort rare d'y côtoyer mon père.

Je me sens pour le moment nettement mieux sur le plan émotionnel, mais je me demande comment je parviendrai à me débarrasser de ces fichues Candidas. Je ne puis tout de même pas prendre des vacances à longueur d'année! Peut-être avez-vous une autre suggestion à me faire?

La réponse du Rédacteur:
La Candida albicans, (en latin: la blanchisseuse éblouissamment blanche), n'est pas aussi innocente que sa dénomination candide laisserait supposer. Vous êtes bien placée pour le savoir...

Je crois volontiers que le recours fréquent aux antibiotiques peut avoir joué un rôle. Mais pourquoi les plaintes n'ont-elles commencé que lors de vos 18-19 ans? Des événements traumatiques auraient-il eu lieu à cette époque?

Quoi qu'il en soit, il s'agit de débarrasser votre corps au plus vite de cette infatigable moisissure. Mais comment, au vu de l'échec de toutes les thérapies alternatives que vous avez essayées?

Le plus simple (et parfois le plus rapide) pourrait être de donner une chance à la médecine "officielle" et de vous résigner à une cure de fongostatiques. Ces médicaments chimiques, qui contrecarrent le développement des champignons et des moisissures, ne sont pas des antibiotiques au sens classique du terme. N'oublions pas que le Penicillium, qui a donné le premier des antibiotiques, était lui-même une moisissure (le "vert" du Roquefort, à peu de choses près)...

Vu votre manifeste aversion pour les médications officielles, vous préférerez sans doute vous tourner vers les ennemis naturels des moisissures: la sécheresse et l'acidité. Un traitement rationnel pourrait consister alors dans l'acidification de vos muqueuses buccales et vaginales, puisque leur assèchement ne vous plaira vraisemblablement pas!

On peut arriver à un degré suffisant d'acidification par des irrigations vaginales et des bains de bouche quotidiens (pas plus d'une fois par jour!) au moyen d'une solution - dans de l'eau tiède - de vinaigre ou de présure (Molkosan par exemple) .

Un tel traitement, poursuivi pendant quelques mois, a souvent suffi à débarrasser mes patientes de leur candidose. Mais malheureusement pas dans tous les cas. Il a fallu parfois recourir aux conseils d'une diététicienne pour arriver à acidifier les muqueuses - les rendre moins alcalines - "de l'intérieur" , par le biais d'une alimentation appropriée.

Et lorsque même un tel régime "sur mesures" était resté sans résultat, il m'a fallu recourir à la psychanalyse pour aider une patiente à prendre conscience de son désir inconscient d'être sexuellement "peu appétissante". Du genre de "Quand elle est avec son père, elle n'a pas "besoin" de tous ces symptômes-là". Je vais chercher trop loin? Peut-être, mais les mécanismes inconscients qui freinent ou empêchent la guérison peuvent se révéler aussi rebelles que cela.

Voilà tout ce que dont je puis témoigner personnellement au sujet de cette épuisante maladie.



















2. Et l'arthrite, alors?

Une question en provenance de Wallonie:
Votre article sur l'arthrose m'a bien éclairé sur ce sujet, mais je crains que mes douleurs aux mains soient d'une autre espèce. J'exerce le métier de potier depuis environ 25 ans , au long desquels j'ai par conséquent trempé mes mains dans l'eau pendant des heures, et j'y ressens de temps à autres une douleur qui ne s'atténue pas "à l'usage", bien au contraire.

Mon médecin me parle d'arthrite et me prescrit des anti-inflammatoires tout en me mettant en garde d'en prendre trop si je veux éviter des problèmes d'estomac.

Le traitement de l'arthrite diffère-t-il de celui de l'arthrose, et en quoi consiste-t-il?

La réponse du Rédacteur:
Nos parents attribuaient au "rhumatisme chronique", que les Anglo-saxons continuent de qualifier d' ARTHRITIS, des douleurs articulaires d'origine fort diverse.

La rhumatologie moderne, en Europe continentale en tous cas, fait depuis longtemps la distinction entre l'artrose, dont nous avons parlé dans un article précédent, et les différentes formes d'arthrite, c'est-à-dire d'inflammation des articulations, dont l'arthrite chronique des mains est une forme assez répandue chez les personnes qui travaillent "les mains dans l'eau (froide)".

Et une inflammation doit être traitée fort différemment d'un processus dégénératif. Il s'agit le plus souvent de la refroidir, afin de diminuer la douleur que produit chaque mouvement de l'articulation atteinte. C'est ainsi qu'agissent la plupart des médicaments anti-inflammatoires.

Vous vous souvenez que dans cet article sur l'arthrose, je soulignais que la douleur typique de cette affection dégénérative n'était présente qu'au début du premier mouvement qui fait suite à une période d'immobilité de l'articulation. La douleur diminuant considérablement ou même complètement après quelques minutes de mouvement ( un "échauffement" en quelque sorte).

Chaque homéopathe sait, depuis que le Dr Hahnemann en a fait l'expérience, il y plus d'un siècle et demi, qu'une dilution homéopathique de BRYONIA diminue les douleurs aggravées par le mouvement (quel qu'il soit, d'ailleurs). Mais ne parvient aucunement à prévenir la douleur arthrosique du "premier mouvement", celle qui disparaît spontanément "à l'échauffement". Un autre "best seller" homéopathique: le RHUS TOXICODENDRON, se charge de la prévention de ce type de douleur "initiale", améliorée par le mouvement.

On peut dire que BRYONIA est un remède homéopathique typique - et efficace - de l'arthrite, tandis que RHUS TOX (l'abréviation familière de Rhus toxicodendron) est celui de l'arthrose.

Il va de soi que des mesures préventives (éviter le contact fréquent avec l'eau froide et fuir l'humidité en général) jouent un rôle décisif dans la (ré)apparition des poussées d'arthrite. De même, un climat chaud et sec comme celui du Sud-Est de l'Espagne est fort apprécié des arthritiques. Comme des arthrosiques d'ailleurs, qui constatent que leurs articulations leur causent nettement moins de problèmes lorsqu'ils ont la chance d'y passer l'hiver!

Il existe donc, en médecine holistique, de nombreuses alternatives à l'usage des anti-douleurs chimiques, le plus souvent efficaces certes, mais pas toujours bien tolérés par l'estomac!



















3. Guérir ou (re)devenir complet?

J'ai caractérisé, dans un précédent article, la Volonté de Guérir comme ce qui nous pousse inconsciemment à vouloir ALLER MIEUX.

C'est à dire, le plus souvent, à vouloir recouvrer la pleine capacité d'action (d' ALLER bien, au sens littéral et très concret de ce mot ) que la maladie nous a fait perdre.

Mais nous avons tout de suite dû constater deux notables exceptions. D'une part, la névrose qui nous fait parfois préférer la persistance de l'incapacité au retour à une situation antérieure trop pénible (en langage technique: la maladie est devenue un bénéfice secondaire). Aller mal vaut mieux qu'aller soi-disant bien, comme avant.

D'autre part, dans l'agonie terminale, nous avons vu le malade renoncer définitivement à "aller mieux", car il se rend inconsciemment compte qu'il n'a plus aucune chance d'y parvenir dans la "carcasse" douloureuse et manifestement inutilisable qu'est devenu son corps.

Le MIEUX n'est donc pas toujours synonyme du "mieux" physique (ou de la capacité d'aller mieux, c'est à dire de se mouvoir librement, sans souffrir). Il peut tout aussi bien s'agir d'un "mieux" psychique (l'incapacité physique étant alors vécue comme un moindre mal) voire spirituel (prendre ses distances par rapport à son corps physique et cesser de vouloir jouer les multiples "rôles" qui constituaient jusque là sa personnalité) .

Ce mieux subjectif est donc bien celui de l'entièreté, de la globalité de l'individu concerné. Globalité qui ne se limite nullement à son corps physiquement perceptible, mais tout autant à son psychisme et à ce qu'il est convenu d'appeler son Moi (le centre de gravité de sa subjectivité).

Les langues germaniques, l'anglais en tête, reflètent davantage ce caractère globalisant de ce que nous appelerions en français le "vouloir être guéri". "To be healed" signifie en effet littéralement "être fait - ou rendu - entier (whole)".

Recouvrer son "entièreté" (wholeness) me paraît être la réaction constante, bien que inconsciente, à toute limitation de cette entièreté. La volonté de guérir corporellement en est la facette la plus visible. Ses autres facettes, plus secrètes mais non moins motivantes, sont le besoin de "se réaliser complètement", d'épanouir ses facultés psychiques (le souci bien postmoderne du "développement personnel"), voire spirituelles (le souhait, présent à toutes les époques, celui-là, d'être pleinement "initié" aux mystères de l'existence).

Le commun dénominateur de toutes ces aspirations étant le "devenir" optimal du microcosme que chaque personne humaine se "sait" intuitivement être, au sein d'un Macrocosme (Société, Nature, Cosmos) aussi large que l'idée que chacun s'en fait.

Devenir "complet", atteindre son plein "achèvement", en harmonie avec cet Univers bien personnel dont il a la certitude intuitive d'être le centre : voilà le "plan" de vie inconscient de tout être humain, qu'il se le formule consciemment ou non.

Telle est en tous cas l'idée que je m'en fais. Et je crois que c'est le modèle implicite de pensée de tous les adeptes de la médecine holistique.

Eux aussi donnent à leur conception personnelle du HOLOS, du Tout, les dimensions de ce qu'ils sont honnêtement capables de croire. Nous trouverons donc parmi eux des matérialistes endurcis aussi bien que des spiritualistes presque illuminés.

Mais ce qu'ils ont tous en commun, ce qui les différenciera toujours des scientifiques "microscopisants", "hyperspécialisants", c'est leur souci de traiter leurs patients dans leur globalité et surtout dans leur INDIVIDUALITE.



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